© INTERNEScorpio 2000 est arrivé vers 5 heures du matin lundi à Charm el-Cheikh. Ordre de mission : repêcher les boîtes noires du Boeing 737 qui s'est abîmé en Mer rouge le 3 janvier dernier, avec 148 passagers à bord, dont 134 Français. Le robot de France Telecom Marine sera rejoint le 15 janvier par le Super Achille, embarqué à bord du Janus II, navire de la compagnie maritime privée d'expertise Comex affrété par l'Etat français.
Les deux super-robots donneront aux équipes de plongée de puissants moyens supplémentaires pour tenter de retrouver l'épave de l'avion et les boîtes noires. Celles-ci ont été repérées par 600 à 800 mètres de fond, distantes de 1.500 mètres l'une de l'autre, mais n'ont pu être récupérées par le robot Achille, qui ne peut plonger à plus de 400 mètres. Leurs signaux ont été captés à l'oreille par des spécialistes de la marine française, mais les atteindre s'annonce être une tâche délicate.
Travail en terrain hostile
"La mer rouge a longtemps été une zone de conflit, peu favorable à des recherches scientifiques, ce qui fait que nous connaissons mal ses fonds, explique à tf1.fr le capitaine de frégate Bertrand Romain, responsable auprès de l’état major de la Marine de la planification des recherches en mer. Les boîtes noires se trouvent sur une pente où l’on trouve des roches, des massifs coraliens et une flore importante. Sous la mer, il est par ailleurs difficile de communiquer et donc de donner des ordres à un mobile. Et il faut pouvoir voir, précise l’officier. Pour cela, il faut placer des détecteurs qui sont soit des caméras, soit des sonars sondeurs, à proximité immédiate des lieux à explorer. Il faut également des projecteurs et des caméras pour retransmettre des images. Mais ces moyens ont une visions limitée à une centaine voire quelques dizaines de mètres seulement".
Une autre difficulté est liée à la taille des boîtes elle-même. "Lorsque nous cherchons des mines dans des approches françaises ne dépassant pas 50 mètres de fond, il est déjà très difficile de les trouver, commente le capitaine Romain. On a beau passer plusieurs fois sur une zone, on trouve de nouveaux engins tous les ans. On estime à un tiers seulement, le nombre de mines mouillées datant de la seconde guerre mondiale qui ont pu être repêchées. Donc, dans une zone très tourmentée comme celle de Charm el-Cheikh, la difficulté est encore plus importante, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un objet aussi petit qu’une boîte noire. Si une mine fait minimum un mètre de côté, une boîte noire fait 45 cm sur 20 cm de côté"….
Les boîtes noires renferment l'une les paramètres du vol et l'autre les ultimes messages entre le pilote et ses assistants. Ces renseignements sont indispensables pour remonter aux causes de la catastrophe, qui n'ont toujours pas été déterminées.
Photo : Scorpio 2000
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