© INTERNEBeagle-2 "persiste" à rester muet. Les responsables de l'Agence spatiale européenne (ESA) ont annoncé mercredi que la sonde Mars Express avait échoué dans sa première tentative pour capter le signal du petit robot britannique, censé avoir atterri sur Mars à Noël mais obstinément muet depuis lors. Et pourtant, Mars Express est situé pendant quatre jours à "seulement" 315 kilomètres au-dessus de Beagle-2. Une orbite optimale pour entendre la séquence de neuf notes de musique — un air du groupe Blur — envoyée chaque minute pendant dix secondes par l'engin au sol.
"Nous avions les conditions les meilleures. Nous n'avons pas eu le moindre signal de la surface de Mars", a déploré le directeur scientifique de l'ESA, David Southwood. "Ca n'est pas la fin de l'histoire, il reste des tentatives possibles mais c'est un peu un pas en arrière et ça me rend très triste", a-t-il ajouté. L'ESA dispose encore de trois autres possibilités de contact avec Beagle 2, les 8, 9 et 10 janvier.
"Précision inégalée"
Depuis Noël, toutes les tentatives d'entrée en contact avec Beagle-2 ont échoué, qu'il s'agisse de celles effectuées à l'aide du puissant télescope de Jodrell Bank, près de Manchester (Grande-Bretagne), ou de celles de la sonde américaine Mars Odyssey, en orbite autour de Mars depuis octobre 2001. Si la perte de Beagle-2 était confirmée, la déception serait immense chez les scientifiques européens, qui ont applaudi, un brin envieux, l'atterrissage réussi du robot américain Spirit. Pour autant, la mission de l'ESA ne serait pas un échec : 90% des explorations sont en effet assurées par Mars Express.
Selon Michael McKay, directeur des opérations en vol de Mars Express au centre de contrôle de l'ESA à Darmstadt (Allemagne), d'ici fin janvier, les instruments embarqués sur la sonde, qui devaient donner des informations d'une "précision inégalée", seront testés. Il s'agit en particulier de la High Resolution Stereo Camera (HRSC), qui prendra des photos de haute résolution en vue d'une cartographie complète de Mars en 3D. Le radar MARSIS, à la recherche d'eau ou de glace, sera capable de prendre des mesures jusqu'à 4 km sous la surface. Plusieurs spectromètres s'efforceront de percer les mystères de la minéralogie et de l'atmosphère martiennes, de même que le rôle des vents solaires sur les variations de températures sur Mars.
photo : Beagle-2 (ESA)
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