© INTERNEPlus d’un mois après son arrivée à la surface de Mars, le robot américain à six roues Spirit entame sa véritable mission. Le 5 janvier dernier, l’engin s’était posé sans encombre au fond du cratère Gusev (170 km de diamètre) qui, selon les spécialistes, aurait pu abriter un vaste lac voici plus de 3,8 milliards d’années.
Mars de l'intérieur
Après avoir découvert un paysage plat parsemé de cailloux arrondis par une intense érosion éolienne, Spirit avait effectué quelques tours de roues et s’était approché d’un rocher baptisé par les ingénieurs de vol de la Nasa Adirondack. Mais le 21 janvier, quelques heures seulement après avoir approché son bras mécanique de sa cible géologique, Spirit avait cessé de communiquer avec la Terre. C’est donc le 28, une fois la panne réparée que le robot de la taille d’une voiture de golf a véritablement commencé sa mission d’exploration.
Premier objectif : dépoussiérer puis gratter Adirondack afin de l’analyser. Le 6 février, les géologues découvraient pour la première fois l’intérieur d’un échantillon martien grâce à une encoche de 4,5 cm de large sur 2,5 mm de profondeur réalisée par l’outil abrasif situé au bout du bras articulé de Spirit.
Sable sombre
Simultanément, aux antipodes, l’autre robot, nommé Opportunity, quittait sa base pour s’aventurer sur le sable martien. Arrivé le 25 janvier au fond d’un petit cratère de 22 m de diamètre, le 9 février, au terme d’un déplacement d’une dizaine de mètres, Opportunity a atteint le bord du cratère. De là, il a pu enfin voir le paysage alentours, totalement différent de ce que les astronomes connaissaient sur Mars : une étendue plate de sable sombre immaculé. Au loin, à 440 m en direction du sud-est, apparaît le parachute de la sonde et son bouclier métallique arrière.
A quelques pas de lui, le robot a pris des vues microscopiques d’affleurements rocheux qui intriguent les scientifiques. Ces strates, mises à jours lors de la création du cratère révèleront peut-être si de l’eau a jadis coulé dans cette région. En effet, les premières observations des clichés n’indiquent pas si les couches visibles sont le résultat de coulées de laves successives, de dépôts apportés par les vents ou de sédiments transportés par de l’eau. De son côté, Spirit a mis le cap sur un cratère d’impact situé à 250 m. Pour cela, le robot a fonctionné pour la première fois de manière autonome en choisissant lui-même son chemin à travers les roches et les dunes de Mars.
photo : le bras d'Opportunity (NASA/JPL)
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