© INTERNELa Cour des comptes, dans son rapport annuel publié mercredi, a passé au peigne fin le rôle du ministère de la Recherche et des organismes qui lui sont rattachés sur la période 1982-92. Et ses conclusions sont rudes : "le dispositif central de pilotage de la recherche française souffre d'une instabilité des structures, d'une discontinuité dans l'action et d'une absorption par la gestion au détriment de l'orientation et de l'impulsion stratégiques", écrivent les magistrats.
"Les dernières décennies ont été marquées par une instabilité et une confusion qui n'ont pu qu'affecter l'efficacité de l'action", déplore le rapport. Vingt-cinq ministres se sont succédé depuis 1958, soit moins de deux ans en moyenne. Plus grave, cette valse des portefeuilles ministériels s'est accompagnée de fréquents changements de structures. "Les quarante dernières années ont vu le passage d'une mission interministérielle à une direction générale d'un ministère de la recherche, puis à deux directions parmi les douze directions du ministère de l'Education nationale", constatent les magistrats. Dans le même temps, les instances de conseil scientifique ont proliféré.
La question du renouvellement des effectifs
Le rapport n’est pas tendre non plus avec la politique de l'emploi scientifique. La recherche française a recruté massivement dans les années 60 et 70. Entre 2015 et 2012, la moitié des chercheurs quitteront leurs fonctions ; or, ce mouvement prévisible s'accompagne d'une désaffection inquiétante des étudiants pour les études scientifiques. Le ministère de la Recherche a "tardé à se saisir de cette question pourtant cruciale du renouvellement du potentiel scientifique", constate le rapport.
La création de divers Groupements d'intérêt public (GIP) et autres structures censées répondre aux "nouvelles problématiques de la recherche" est également critiquée. Les magistrats relèvent enfin que les débats très vifs ces dernières années autour de l'évolution du budget de la recherche résultent notamment de l'importance des réserves des établissements. Une situation qui traduit un "manque de confiance" des organismes, qui "manquent de visibilité sur les orientations à venir".
Photo d’ouverture : archives
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