Vers un vaccin contre la peste

Par Matthieu DURAND, le 19 février 2004 à 15h59 , mis à jour le 19 février 2004 à 17h16

Avancée "cruciale" dans la mise au point d'un vaccin contre la peste. Le sérum, développé par un laboratoire britannique, ne provoque pas d'effets secondaires et pourrait être disponible d'ici à deux ans.

peste bubonique bacille AFP © INTERNE

Des chercheurs du laboratoire de Porton Down, qui dépend du ministère de la Défense britannique, ont effectué une avancée "cruciale" dans le développement d'un vaccin contre la peste. Des tests effectués sur des humains ont montré que le cocktail d'antigènes ne provoquait pas d'effets secondaires. Selon les scientifiques, le vaccin pourrait être disponible d'ici un an ou deux.

"Etape cruciale"

L'équipe du professeur Titball a identifié "deux protéines inoffensives à la surface du bacille de la peste qui étaient capables de déclencher une réponse immunitaire face à la maladie", explique la BBC. "Il s'agit d'une étape cruciale, a indiqué un porte-parole du laboratoire. Nous pouvons maintenant avancer vers des tests à plus grande échelle". Ces travaux sont d'autant plus prometteurs que Yersinia pestis, le bacille de la peste, pourrait être utilisée dans le cadre d'armes bio-terroristes. C'est "l'un des agents de bio-terreur qui nous inquiète le plus", a d'ailleurs indiqué le professeur Titball. Le laboratoire de Porton Down travaille sur un vaccin contre la peste depuis la guerre du Golfe (1991), lorsqu'il est apparu que l'Irak avait développé des stocks d'armes chimiques et biologiques à base de peste ou d'anthrax.

"L'équipe britannique a déjà mis au point un vaccin contre la peste efficace sur les souris", indique à tf1.fr Françoise Guinet, directrice adjointe du Centre national de référence de la peste, à l'Institut Pasteur de Paris. "Ces résultats sur les hommes sont encourageants mais on est encore loin du but", ajoute-t-elle. "Il existe des vaccins contre la peste, précise la chercheuse, mais ils sont utilisés occasionnellement car leurs effets sont limités dans le temps, ils sont peu efficaces contre la forme pulmonaire de la peste et ils ont beaucoup d'effets secondaires". L'Institut Pasteur a "démarré un programme vaccinal contre la peste", souligne enfin Françoise Guinet. A la fois pour prendre en compte la menace bio-terroriste et pour aider des pays confrontés de façon chronique à ce fléau.

Mortelle six fois sur dix

La peste est avant tout une maladie des rongeurs mais l’homme peut aussi la contracter. Elle se transmet par l’intermédiaire des piqûres de puces infectées mais aussi par contact direct avec des tissus animaux infectés. La peste prend trois formes chez l’homme : bubonique, septicémique et pulmonaire.
La peste bubonique résulte de la piqûre d’un insecte. Le bacille, introduit dans l’organisme à ce moment-là, migre vers le ganglion le plus proche par le biais du système lymphatique. Il y déclenche une inflammation puis la formation du bubon, qui constitue la réaction à l’invasion de Yersinia pestis, le bacille de la peste. Non traitée, la peste bubonique est mortelle dans six cas sur dix. Lorsque le diagnostic est posé à temps, des méthodes de traitement efficaces, antibiothérapie et traitement symptomatique, permettent de guérir presque tous les patients. La peste est endémique dans de nombreux pays d’Afrique, d’Amérique et d’Asie. En 1999, 14 pays ont notifié à l’OMS 2 603 cas, dont 212 mortels.
Source : OMS

photo : bacille de la peste bubonique (AFP)

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Par Matthieu DURAND le 19 février 2004 à 15:59
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