© INTERNEDes astronomes de l'Observatoire Midi-Pyrénées (OMP), du Laboratoire d'Astrophysique de Toulouse-Tarbes (le LA2T, unité CNRS-Université Paul Sabatier) et de l'Observatoire et l'Université de Genève ont observé une galaxie située à plus de 13 milliards d'années-lumière de la Terre (1). "Si nous comparons l’âge de l’Univers à celui d’une personne de 75 ans, nous sommes en face d’un bébé de deux ans et demi", indique lundi le CNRS.
Lentille gravitationnelle
L'observation a été rendue possible grâce à un phénomène de lentille gravitationnelle — un objet céleste hypermassif proche qui, déviant et amplifiant la lumière de la galaxie située loin derrière elle, la révèle (conformément à ce que prévoit la théorie de la relativité). L'objet céleste en question est un amas de galaxies, Abell 1835, observé avec le Télescope Géant (Very Large Telescope/VLT) de l'Observatoire Européen Austral (ESO) installé au Chili, et avec des images complémentaires réalisées avec le Télescope Canada-France-Hawaii et le Télescope spatial Hubble (NASA-ESA). La galaxie détectée par l'équipe franco-suisse, Abell 1835 IR1916, serait ainsi distante de 13,230 milliards d'années-lumière. Autrement dit, elle serait âgée de 13,230 milliards d'années et serait observée, sur la base d'un âge de l'Univers de 13,7 milliards d'années, 470 millions d'années après le Big-Bang.
Abell 1835 IR1916, selon l'équipe européenne, connaissait une période intense de formation d'étoiles. L'ensemble de ces étoiles serait 10.000 fois environ moins massif que la totalité de notre galaxie. L'équipe franco-suisse aurait donc observé une galaxie en formation, dont la fusion ultérieurement avec d'autres petites galaxies donnera une galaxie géante. Pour se rapprocher encore du Big Bang, les astronomes ont "besoin d'une technologie de pointe dans le domaine du proche infra-rouge", a indiqué à tf1.fr Roser Pello, responsable du laboratoire "Physique des galaxies" à l'OMP. Et leurs observations ne sont possibles qu'en "couplant" l'utilisation des télescopes au sol et celle des télescopes spatiaux. A ce titre, la "mort avancée" de Hubble, même s'il doit être remplacé par une nouvelle génération d'instruments spatiaux, n'est pas une bonne nouvelle.
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(1) Travaux présentés lundi sur le site Internet de la revue européenne Astronomy and Astrophysics.
photo : ESO, D. Schaerer (OUG, OMP) et R. Pello (OMP)
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