Une station russe engloutie par la banquise

Par M. D. avec AFP, le 05 mars 2004 à 07h00 , mis à jour le 06 mars 2004 à 14h46

Dossier : Missions polaires

Une rupture de banquise au Pôle Nord a fait sombrer les bâtiments principaux d'une station dérivante russe. Les 12 chercheurs, sains et saufs, ont trouvé refuge dans deux petits locaux.

station russe coule camp 190 arctique © INTERNE

La station polaire russe Severny Polious 32 (SP-32) a coulé après une rupture de la banquise de 1,5 km sur 2 sur laquelle elle était installée. "Il n'y a pas de victimes ou de blessés parmi les [douze] membres de SP-32", a précisé Vladimir Berezkine, du service des gardes-frontières de l'Arctique sur la chaîne de télévision RTR. Selon lui, "les hommes sont sains et saufs, il leur reste des abris, de la nourriture et du fioul".

La température moyenne où se trouvent les rescapés est de -35° degrés Celsius et le vent atteint des pointes à 50 km/h. Un avion An-26 est en route pour larguer des provisions et du carburant supplémentaires aux douze rescapés. Leur évacuation devrait avoir lieu samedi à l'aide d'un hélicoptère MI-26 basé à Arkhangelsk (Grand-Nord). "Le problème, c'est qu'aucun hélicoptère n'a d'autonomie suffisante pour faire l'aller-retour, explique à tf1.fr Jean-Louis Etienne, qui a effectué plusieurs séjours au Pôle NordIl faut donc effectuer plusieurs rotations d'hélicoptères en laissant du carburant à différents points ou prévoir deux hélicoptères dont l'un transporte du fioul." "Une rupture de banquise est très impressionnante, explique le scientifique français. On entend des bruits, on ressent des vibrations et on voit également la collision entre deux plaques qui s'affrontent, indique-t-il. Le phénomène est imprévisible et peut se produire en quelques heures."

Bassin de Nansen

SP-32 était une station de type dérivante, qui a parcouru 2.750 km en neuf mois dans la région du pôle, a expliqué le scientifique en chef de l'expédition à Saint-Pétersbourg, Vladimir Sokolov, cité par l'agence Itar-Tass. Lorsque l'accident s'est produit, elle se dirigeait vers le sud et venait de franchir le 84e parallèle nord. Elle se trouve exactement à quelque 700 kilomètres du pôle Nord géographique, dans le bassin de Nansen, entre le Groenland et la terre François-Joseph. Une situation "qui a coïncidé avec la fin de la nuit polaire et a permis à ses membres de bénéficier de deux à trois heures de soleil par jour, pour la première fois depuis l'automne dernier", a-t-il ajouté.

SP-32 était la première station dérivante à reprendre l'étude du pôle Nord après une interruption de douze ans. Elle devait achever sa mission en avril prochain. Les scientifiques ont étudié notamment les changements climatiques au pôle Nord, où la température moyenne de l'air a augmenté entre 1,5 et 2 degrés Celsius depuis 50 ans. Entrée en service en avril dernier, SP-32 avait perdu sa piste d'atterrissage en mai à cause de la fonte de la glace, et était ravitaillée depuis par des largages aériens.

Par M. D. avec AFP le 05 mars 2004 à 07:00
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