© INTERNELes Néandertaliens constituent bien, dans l'histoire des hominidés, une espèce à part, distincte de celle des hommes modernes ("Homo sapiens"). Deux scientifiques l'affirment dans la revue Nature, publiée jeudi, sur la base d'une étude sur les dents. L'émail dentaire croît en effet par couches successives. La croissance dentaire est étroitement liée au développement général d'un individu. L'étude de cette croissance permet donc d'estimer le type de croissance qui caractérise chaque espèce.
Adultes à 15 ans
Fernando Ramirez Rozzi (CNRS) et José Maria Bermudez de Castro (Musée National des Sciences Naturelles de Madrid) ont étudié des dents antérieures fossiles de plusieurs espèces d'hommes : "Homo antecessor" (6 dents, vieilles de 800.000 ans), "Homo heidelbergensis" (106 dents, âgées de 500.000-400.000 ans), "Homo neandertalensis" (146 dents, vieilles de 130.000 à 28.000 ans) et "Homo sapiens" (100 dents âgées de 20.000-8.000 ans).
Chez les Néandertaliens, la croissance, lisible sur les dents, était rapide : ils étaient adultes vers l'âge de 15 ans, au lieu de 18-20 ans pour notre espèce. Chez l'Homo sapiens, la croissance de l'émail dentaire, après formation de la moitié supérieure de la dent, est lente. Paradoxalement, c'est également le cas chez les espèces plus anciennes (homo "antecessor" et " heidelbergensis").
Débat
"Les Néandertaliens, qui ont la plus grande capacité crânienne de tous les hominidés, sont ainsi caractérisés, résume Fernando Ramirez Rozzi, par une courte période de développement dentaire. Ils forment leur couronne dentaire 15% plus vite que les hommes modernes". Conséquence : ils se différencient de l'espèce "Homo sapiens". "Nos travaux tranchent définitivement la question, indique le chercheur franco-argentin à tf1.fr. Ce qui n'était pas le cas pour les recherches effectuées sur la morphologie ou la génétique".
La présente découverte invite les scientifiques à "revoir toutes les données sur les Néandertaliens et l'influence de l'environnement et du climat de l'époque sur leur existence puis leur disparition", poursuit Fernando Ramirez Rozzi. "Pour le moment, la méthode [d'étude de la croissance dentaire, NDLR] est appliquée seulement à l'évolution humaine, précise-t-il. J'attends que des confrères l'emploient pour tous les groupes de mammifères mais aussi pour les dinosaures. Comment un petit oeuf de 15 cm peut-il donner naissance à un animal qui pèsera dix tonnes ? C'est un problème de croissance".
photo : un crâne de Néandertalien (AFP)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




