© INTERNE"La tension monte autour de la canicule", titre mardi Le Parisien. Une première ébauche du "plan canicule" a été présentée lundi par les autorités sanitaires aux représentants de syndicats médicaux et de personnels de maisons de retraite. Verdict du docteur Patrick Pelloux, responsable de l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuhf) : "la stratégie (…) n'est pas à la hauteur des enjeux". Le spécialiste dénonce un plan élaboré par "l'administration de la santé" pourtant épinglée pour son "extraordinaire inertie" l'an passé. "Il fallait faire à l'avenir des plans interministériels", ajoute-t-il dans le quotidien, regrettant que "le ministère de l'Intérieur et celui de la Défense ne [soient] pas associés à ce plan alors même qu'ils disposent des effectifs permettant, eux, de faire face à une catastrophe". Et l'urgentiste d'espérer "sincèrement que les températures seront fraîches cet été !"
Anticiper
Pour le professeur Jacques Kopferschmitt, chef du service des urgences du CHU de Strasbourg et président de la Société francophone de médecine d'urgence (SFMU), "le plan est encore à l'état natif ; il faut être raisonnable". "Il faut se préparer tôt sur le problème de la canicule ou tout autre problème entraînant des afflux massifs" de patients dans les hôpitaux, reconnaît le professeur. "Il n'y a pas suffisamment de culture de l'anticipation dans notre pays".
Dans le cadre de la "permanence des soins jusqu'à l'hôpital", il est important, explique-t-il à tf1.fr, de définir le rôle de chacun (généralistes, premiers secours, urgentistes…) et de "faire remonter les informations sur la situation [dans les établissements] pour que les autorités puissent faire des choix". Le président de la SFMU milite à ce titre pour la création d'un observatoire national des urgences, qui permettrait de connaître "l'état des lits" et leur disponibilité, heure par heure, dans les secteurs privé et public.
Concertation
Plusieurs professionnels des urgences contactés par tf1.fr soulignent le manque de moyens, financiers et humains, auxquels ils sont confrontés quotidiennement. Et tous refusent que les services d'urgences soient les seuls à supporter des situations de crise qui concernent l'ensemble des professionnels de santé et plus généralement, la société. "Plus de 50% des décès liés à la canicule 2003 sont intervenus au domicile", rappelle un urgentiste. Le problème, constate le professeur Kopferschmitt, c'est que l'on s'attaque "d'un seul coup" à "des problèmes qui existent depuis des années". La solution, pour lui, ne peut venir que de la concertation entre les autorités et les professionnels de la santé, le public et le privé, les médecins en hôpitaux et les médecins de ville.
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photo : archives
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