Sang : les soignants sous la menace de contaminations

Par M. D., le 27 avril 2004 à 07h00 , mis à jour le 27 avril 2004 à 18h23

Les coupures et piqûres accidentelles exposent les professionnels de la santé à des risques de contaminations. 150.000 accidents de ce type sont enregistrés chaque année en France.

hopital infirmiere © INTERNE

Chaque année, plus de 150.000 infirmières, laborantins, aides-soignants ou médecins se piquent ou se coupent sur leur lieu de travail, a révélé mardi le Syndicat national de l'industrie des technologies médicales (Snitem). Des accidents qui les exposent à des agents pathogènes comme les virus du sida ou des hépatites. En première ligne, les 351.000 infirmières, notamment lors de l'utilisation d'aiguilles.

13 contaminations

Selon les données officielles, dans un hôpital moyen, le personnel subit environ 30 expositions accidentelles au sang par piqûre pour 100 lits et par an. Soit environ 150.000 expositions annuelles dans les hôpitaux et cliniques, sans compter la médecine libérale. A ce jour, 13 contaminations professionnelles par le virus du sida et une bonne quarantaine par celui de l'hépatite C ont été officiellement recensées en France.

Les bilans sanguins, les consultations et la trithérapie prescrite si le malade soigné au moment de la piqûre était porteur d'un virus, reviennent à environ 500 euros. En partant de l'hypothèse que seuls 100.000 de ces accidents sont déclarés, le coût de la prise en charge de ces accidents peut être évalué à 50 millions d'euros par an.

Prévention

"Ces chiffres me choquent par leur importance", indique à tf1.fr Francine Hourdry, infirmière depuis 1973 et formatrice auprès d'élèves infirmiers en Seine-Saint-Denis. "On peut être contaminé à la suite d'une erreur de manipulation, lors d'une piqûre ou d'une prise de sang", souligne-t-elle. "Dans le cas de perfusion, les infirmiers enfilent des gants mais si comme c'est arrivé récemment, le patient arrache sa perfusion, on n'a pas le temps de mettre ses gants. Il faut appuyer sur la plaie avec ce que l'on a sous la main, comme un drap, mais le sang transperce le tissu", raconte l'infirmière. Or, "à force de se laver les mains en permanence, le personnel soignant a souvent des petites gerçures sur les mains par lesquelles il peut être contaminé".

Beaucoup de mesures pour éviter les risques de contamination ont été mises en place dans les hôpitaux, explique Francine Hourdry, tels les réceptacles à aiguilles souillées. Les jeunes infirmiers sont d'autant plus sensibilisés aux risques d'exposition au sang qu'ils font partie de la "génération sida", précise-t-elle. Si toute intervention liée au sang fait l'objet d'une vigilance accrue, les chiffres communiqués par le Snitem rappellent que les accidents sont toujours possibles.

photo : archives TF1

Par M. D. le 27 avril 2004 à 07:00
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