© INTERNEMercredi matin, le ministre de la Santé et de la Protection sociale a dévoilé le dispositif gouvernemental destiné à répondre à une éventuelle canicule et à éviter la catastrophe qui avait coûté la vie à 15 000 personnes en août 2003. "En tant que ministre, j'assumerai personnellement la responsabilité du Plan canicule", a d'emblée déclaré Philippe Douste-Blazy. "Fruit d'un travail collectif" et de "concertation" entre les différents acteurs, le dispositif poursuit six objectifs : "protéger, alerter, coordonner l'action, secourir, soigner et entourer".
Le Plan s'articule autour de "quatre niveaux d'alerte" :
- niveau 1 : la vigilance, qui sera "activée" chaque année du 1er juin au 1er octobre
- niveau 2 : l'alerte, qui est déclenchée par le ministre de la Santé. Il constitue alors une cellule de crise pour coordonner les actions et informer la population
- niveau 3 : l'intervention, qui prévoit que le Comité interministériel de gestion des crises (COGIC) centralise les informations et diffuse les instructions dans les départements et zones de défense
- niveau 4 : la réquisition, à la demande du Premier ministre, des moyens civils et militaires adéquats si la crise s'étend
Exigences
Pour que les mesures soient efficaces, elles doivent répondre à trois exigences, a insisté le ministre : responsabilité, prévention et solidarité. L'Institut national de veille sanitaire (InVS) sera ainsi responsable de la collecte des données sanitaires, lesquelles seront complétées par les informations fournies par Météo France, les services d'urgences et les pompiers. L'InVS fera "remonter l'information" au ministre de la Santé, lequel aura "la responsabilité de déclencher ou non le Plan canicule et de réunir le PC Santé". Sur le terrain, ce sont les préfets qui seront responsables des opérations mais "la canicule est l'affaire de tous", a martelé le ministre.
"Les élus locaux auront la responsabilité d'identifier et de signaler les personnes à risque", a précisé Philippe Douste-Blazy. Pendant l'été, la population sera tenue informée "en temps réel" des menaces éventuelles de grosses chaleurs, via des bulletins spéciaux et une carte de vigilance conçue par Météo France.
Fonds et affectations
Parmi les autres mesures évoquées, "la création de pièces rafraîchies à proximité de ceux qui en ont besoin". Les autorités financeront à hauteur de 40% l'achat d'appareils rafraîchissants tandis que 20 millions d'euros ont été débloqués pour les hôpitaux. Pour assurer "la réactivité des services d'urgences et des personnels hospitaliers", Philippe Douste-Blazy a rappelé que le Plan urgences prévoit l'engagement de 500 millions d'euros sur cinq ans. Un plan complémentaire "urgences été 2004" a été créé pour "vérifier l'affectation des crédits et tester la réactivité des services". Enfin, le ministre propose aux syndicats "d'augmenter le plafond des heures supplémentaires" pour les personnels hospitaliers en première ligne.
Quelle qu'en soit la nature, "une crise sanitaire appelle souvent des réponses similaires", a déclaré le ministre. "Après consultation", il proposera en conséquence un "Plan de prévention des risques sanitaires".
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photo : LCI
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