© INTERNELe CNES a mis fin à l’existence du Service d’expertise des phénomènes rares aérospatiaux (Sepra). Il était l’organisme officiel qui traitait en France les cas de PAN, les "phénomènes aérospatiaux non identifiés". Autrement dit : les ovnis.
L’évocation du Sepra, qui se résumait à une seule personne, son directeur Jean-Jacques Velasco, a toujours suscité une gêne au sein du CNES. Une activité en baisse continue et les prises de position de Jean-Jacques Velasco expliquent sans doute sa disparition. Aujourd’hui, plusieurs questions se posent. En 27 ans d’existence, qu’ont fait réellement le Sepra et son prédécesseur le Gépan (Groupe d’étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés) ? Que contiennent exactement les archives accumulées ? Pourra-t-on un jour les expertiser en toute sérénité ?
Interprétations
Le Sepra collecte tous les éléments relatifs aux PAN : des témoignages de pilotes civils et militaires, ou de simples citoyens, recueillis par la gendarmerie. Ils sont classés en plusieurs catégories. Des PAN A, phénomènes parfaitement identifiés (prendre un ballon sonde ou la Lune basse sur l’horizon pour un ovni sont des méprises classiques), aux PAN D (quelques pour cent des cas), apparemment réfractaires à toute explication. 
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Il n’est pas dans les attributions du Sepra d’interpréter ces derniers. Mais Jean-Jacques Velasco déclare, dans son dernier livre Ovnis, l’évidence (éditions Carnot) : "Je suis persuadé que des dizaines de dossiers classés PAN D constituent des observations d’ovnis extraterrestres." On lit à la fin de l’ouvrage : "Des objets volants non identifiés évoluent dans nos parages terrestres. […] Leur degré de technologie est supérieur à tout ce que l’homme a pu concevoir sur la Terre. Une corrélation indiscutable existe entre leurs manifestations, nos essais et nos sites nucléaires (1)."
Archives
C’en est trop pour le CNES : "Aucun des cas collectés par le Sepra ne permet de valider une hypothèse non rationnelle. Nous ne cautionnons aucune interprétation. Ce livre ne nous engage pas", martèle Arnaud Benedetti, directeur de la communication de l’agence française. Le Sepra disparu, que va devenir l’activité PAN ? Elle ne sera peut-être pas complètement supprimée. "Une mission de veille et de récolte des témoignages n’est pas choquante si elle est effectuée avec sérieux", remarque Arnaud Benedetti.
Quant aux archives du Sepra, elles contiendraient près de 6.000 dossiers de PAN, dont une vraie évaluation est aujourd’hui nécessaire. "L’ouverture des archives devrait être possible rapidement, dès lors qu’elles auront été rendues anonymes, car elles impliquent des personnes", précise Arnaud Benedetti. Il n’est cependant pas certain que les scientifiques se précipitent. En 27 ans d’existence, il semble que pas une publication dans une revue scientifique de référence ne se soit basée sur les données recueillies par le Gepan et le Sepra.
(1) Jean-Jacques Velasco compare le nombre de cas de PAN et celui d’essais nucléaires souterrains et atmosphériques effectués, sur une période comprise entre 1945 et 2000. Il en déduit que les extraterrestres surveillent nos essais nucléaires.
photo : AFP
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