Médecine traditionnelle : l'OMS appelle à la vigilance

Par M. D., le 23 juin 2004 à 12h10 , mis à jour le 23 juin 2004 à 13h59

Le recours à la médecine alternative augmente dans le monde et les cas de réactions indésirables aussi. D'où une série de recommandations à destination des Etats et des patients.

acupuncture aiguilles cou médecine traditionnelle © INTERNE

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) met en garde mercredi contre les risques des médecines et des médicaments traditionnels ou alternatifs. Acupuncture, homéopathie, médicaments traditionnels chinois, médecine par les plantes : jusqu'à 80% des populations des pays en développement y ont recours pour les soins de santé primaires tandis que dans certains pays riches, 65% de la population s'est déjà laissée séduire.

Or, "le préjugé selon lequel la médecine traditionnelle ou soi-disant naturelle est sans danger n'est pas exact. Il peut y avoir de graves complications", a expliqué le docteur Vladimir Lephakine, directeur général adjoint de l'OMS. Ainsi, "avec l'augmentation de la consommation de médicaments traditionnels ou alternatifs, le nombre de réactions indésirables augmente lui aussi". Le Centre de surveillance de l'OMS, à Uppsala (Suède), rapporte ainsi plus de 10.000 cas en 20 ans. En Chine, 9.854 cas connus de réactions indésirables ont été répertoriés "rien qu'en 2002".

Automédication

Certes, l'agence reconnaît qu'il existe "des données empiriques et scientifiques qui mettent en évidence les bénéfices de l'acupuncture, des médecines manuelles et de plusieurs plantes médicinales" dans certains traitements : la douleur pour l'acupuncture ou le paludisme pour la plante chinoise Artemisia annua. "Mais souvent, les consommateurs ne savent pas comment les utiliser et il est facile de faire une erreur", a observé le Dr Zhang Xiaorui, coordinatrice de l'OMS pour les médecines traditionnelles.

Car "de nombreux médicaments traditionnels/alternatifs sont en vente libre", "utilisés en automédication, achetés ou préparés par des amis" du patient, écrit l'OMS qui s'inquiète de "la qualité des produits", de "leur utilité thérapeutique" et du "manque de suivi médical". Et l'agence de dénoncer les produits suspects ou inadaptés, les contrefaçons, les surdosages involontaires et l'existence de praticiens non qualifiés. Autre risque évoqué : "le fait que les patients n'informent pas leur médecin du fait qu'ils ont recours par ailleurs à des médecines traditionnelles et complémentaires". Ces traitements peuvent avoir des effets indésirables dans le cadre de traitements "classiques" ou d'opérations chirurgicales.

Recommandations

L'agence de santé met en avant un certain nombre de recommandations à l'attention des Etats : mieux informer la population "sur l'efficacité et l'innocuité des produits ainsi que les contre-indications", "faire en sorte que les praticiens soient dûment qualifiés et accrédités", favoriser les passerelles entre médecines traditionnelles et classiques, rembourser les traitements "non conventionnels" dont l'efficacité est avérée…
Quant aux consommateurs, avant de recourir à ce type de traitements, ils doivent se poser plusieurs questions : le traitement est-il adapté à leur maladie ? Permettra-t-il de prévenir, de soulager et/ou guérir les symptômes ? La qualité des produits est-elle vérifiée ? Quelles sont leurs contre-indications ? Leur prix est-il compétitif ? Le praticien est-il qualifié ?

Par M. D. le 23 juin 2004 à 12:10
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