© Manreo"Mes contraventions, je les fais sauter !" Le conducteur qui se vante d'un tel passe-droit n'est pas seulement un citoyen bien peu modèle, il est surtout un danger public. Des chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale
(Inserm) indiquent jeudi dans une étude (1) que les personnes qui font ainsi jouer leurs relations sont potentiellement associées à des comportements dangereux sur la route.Vitesse et ivresse
En 2001, l'équipe coordonnée par Emmanuel Lagarde a enquêté auprès d'environ 14.000 personnes sur leur comportement au volant ou au guidon (2), et leur respect des règles de la sécurité routière. Plus des deux tiers des personnes interrogées étaient des hommes entre 53 et 63 ans. Les femmes avaient, elles, entre 48 et 63 ans. Les comportements de deux groupes ont été comparés : le premier qui fait "jouer ses relations" pour éviter de payer les amendes pour infractions au code de la route, et le second qui ne le fait pas.
Résultats : les personnes du premier groupe ont une plus grande propension à conduire au-delà des limites de vitesse autorisées. Par rapport au deuxième groupe, on y trouve également 40% de personnes supplémentaires admettant avoir conduit en état d'ivresse et 83% de plus avouant conduire en utilisant leurs téléphones portables. C'est également dans ce groupe que les chercheurs retrouvent la plus forte proportion d'accidents corporels.
Amnisties et indulgences
L'étude a été remise aux autorités françaises en 2002. Contacté par tf1.fr, Emmanuel Lagarde espère qu'elle a participé aux efforts engagés en faveur de la sécurité routière qui constitue l'un des "grands chantiers" engagés par le président de la République. "Les passe-droits tendent à se raréfier mais ils n'ont pas disparu", note l'Inserm. Il s'agit d'ailleurs d'une "pratique bien française, qui n'existe pas dans les pays anglo-saxons", souligne Emmanuel Lagarde.
Quant aux "amnisties pré-électorales pour les PV", elles "décrédibilisent le système de répression des infractions au code de la route", écrivent les chercheurs. "Les conducteurs se sentant alors libres d'ignorer les limitations de vitesse et autres règles, ces amnisties augmentent le risque d'accidents de la route." Aussi l'équipe de l'Inserm appelle-t-elle "à une plus grande vigilance des conséquences de l'indulgence en matière de répression des infractions routières".
(1) Les résultats sont publiés dans le numéro de juillet du Journal of Epidemiology and Community Health.
(2) Seuls les conducteurs de véhicules motorisés sont concernés.
photo : archives TF1
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