Euthanasie : "Vers une médecine plus raisonnable"

Par Matthieu DURAND, le 02 juillet 2004 à 10h42 , mis à jour le 02 juillet 2004 à 11h40

Un rapport parlementaire propose de modifier la réglementation et certaines pratiques concernant la fin de vie médicalisée. Marie-Sylvie Richard, responsable d'un service de soins palliatifs à Paris, exprime sa satisfaction.

Euthanasie rforme de la loi © Manreo

La mission d'information de l'Assemblée nationale sur l'accompagnement de la fin de vie a présenté mercredi son rapport. Refusant de dépénaliser l'euthanasie, les élus proposent toutefois des modifications au code de déontologie médicale et au code de la santé publique. Marie-Sylvie Richard, responsable d'un service de soins palliatifs à la Maison médicale Jeanne Garnier, à Paris, donne à tf1.fr sa réaction "à chaud" (1).

tf1.fr : Que pensez-vous du rapport remis par la mission parlementaire ?

Marie-Sylvie Richard : Il a bien pris acte des soucis des médecins, à la fois de réanimation et de soins palliatifs, qui s'interrogent sur jusqu'où il faut aller en médecine face à un malade en fin de vie ou qui souhaite mettre un terme à ses traitements. Le texte développe des bonnes pratiques ; il invite à la formation des professionnels de la santé, en matière d'éthique et de communication avec les malades et leurs proches, ainsi qu'à davantage d'information à destination du grand public.

tf1.fr : Les parlementaires ont souhaité préciser les droits du patient et ceux du médecin

M.-S. R. : Les modifications législatives introduites apportent de la cohérence par rapport aux textes existants. Si un malade conscient souhaite arrêter son traitement, le rapport permet aux médecins de se donner un peu de temps avant de répondre favorablement à sa demande. Il est aussi possible de demander un deuxième avis médical. Si le malade est inconscient, une place plus importante est accordée à la personne de confiance, qui avait été désignée par le malade.

tf1.fr : Une manière de ne plus laisser un médecin seul face à ses choix ?

M.-S. R. : D'une manière générale, avec ce rapport, les médecins sortent en effet de leur isolement et du subjectivisme qui y est lié. En les protégeant d'éventuelles poursuites, on les met au large. Quant aux malades, on leur reconnaît le droit de ne pas recourir à un traitement qu'ils jugent déraisonnable. La mission parlementaire a choisi une voie médiane [pas de dépénalisation mais des aménagements aux textes en vigueur, NDLR] qui crée un espace pour aller vers une médecine plus raisonnable.

(1) Le docteur Richard précise qu'elle n'a pas pu lire le rapport et qu'elle réagit sur la base d'une dépêche d'agence de presse.

photo : archives TF1

Par Matthieu DURAND le 02 juillet 2004 à 10:42
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