Le zoo de Vincennes en voie de disparition ?

Par Pauline POLGAR, le 23 juillet 2004 à 17h43 , mis à jour le 23 juillet 2004 à 18h17

Une partie du zoo parisien ne sera plus accessible au public à partir d'aujourd'hui, en raison du délabrement de nombreuses zones du site. Les employés sont sceptiques quant à une rénovation prochaine. La direction se veut optimiste.

elephants zoo vincennes rocher © INTERNE

Adieu lion, tigre, ours… ou seulement au revoir ? C'est un bien triste anniversaire pour le seul parc public animalier de Paris, qui a ouvert ses portes dans le bois de Vincennes il y a tout juste 70 ans. Le directeur du Musée national d'histoire naturelle de Paris, gestionnaire du site, a annoncé la fermeture partielle du zoo. Selon lui, elle concerne, en raison de l'état des structures, "la fauverie, l'ourserie, huit galeries publiques et plusieurs cheminements passant sous des voûtes, notamment dans la partie centrale". En tout : 10% de la surface totale de 14,5 hectares et une soixantaine d'animaux déplacés.

La sécurité est au centre de la polémique. Certains parlent de chutes de morceaux de béton qui se détachent des faux rochers. L'état de délabrement du parc zoologique est connu de tous. De nombreuses tentatives pour réunir les fonds nécessaires à la rénovation ont été entreprises, mais aucune n'a abouti. Il aura fallu une ultime expertise pour que la décision de fermeture partielle soit prise afin d'empêcher tout accident. Aujourd'hui la directrice du parc, Claude-Anne Gauthier, contactée par tf1.fr, assure que les visiteurs ne craignent plus rien. Quant à la sécurité du personnel en place, si elle "passe par un départ des animaux, on le fait" précise la directrice, même si les consignes de sécurité ne sont pas aussi contraignantes que celle du public. Un membre du personnel affirme pour sa part qu'il y a longtemps que les membres de l'équipe alertent la direction sur ces questions : "nous n'avons eu que des casques de chantiers pour nous protéger."

La rénovation, oui, mais quand ?

Bertrand-Pierre Galey, le directeur du musée d'histoire naturelle annonce un projet de rénovation totale du parc, déjà à l'étude depuis longtemps. Mais pour les employés, le scepticisme est de rigueur : "Ca fait X années que l'on attend cette rénovation. On ne l'a jamais vue venir. Oui pour la rénovation mais pas seulement le mot, maintenant on la veut dans les faits", s'indigne un employé. Dès les années 60, les faux rochers ont commencé à montrer des signes de faiblesse et ont nécessité une intervention. Mais aujourd'hui c'est tout le parc qui accuse le coup des années. Le musée dépend du ministère de l'Education nationale et de la recherche. Bertrand-Perre Galey se dit prêt à faire appel à des financements essentiellement privés. Certains rappellent que pour rénover le Grand Rocher, fermé en 1982, il a fallu quinze ans, dont la majorité pour trouver les financements nécessaires. Sans budget, la rénovation est impossible, ce qui inquiète pour l'avenir du site.

La directrice veut garder de l'espoir et nuance les problèmes financiers du parc : "Le contenant est abîmé, il faut le rénover. C'est cette rénovation qui coûte cher et pour laquelle il faut un budget consistant. Mais le contenu, tant sur les plans humain qu'animalier, est performant. Les moyens sont là pour le fonctionnement quotidien" Elle ajoute :"c'est un triste anniversaire, car il y a une fermeture. Mais le fait qu'on en arrive là est aussi le signe que les choses vont bouger. Il faut y croire, je ne peux même pas imaginer la fermeture du plus grand zoo de la capitale. Je ferai tout ce qui est possible pour que cela n'arrive pas."

Une pétition pour sauver le zoo

Aucune suppression de poste n'est envisagée par la direction –70 % du personnel est sous le statut de fonctionnaire– mais le personnel du zoo, réuni en comité, lance une pétition, accompagnée d'une distribution de tracts, pour alerter les visiteurs sur l'urgence d'une prise de décision pour sauvegarder le zoo. Le comité a réuni d'ores et déjà 2300 signatures en trois après-midi, et compte reprendre l'action ce week-end. Prêts à hausser le ton s'ils ne sont pas entendus. "Nous ne voulons pas la fermeture définitive du parc, mais les problèmes de sécurité doivent être réglés". Ils ont reçu le soutien tacite de la directrice qui ne peut pas se prononcer sur le fond, mais ne les empêche pas pour autant de mener leur action.

Concrètement, la fermeture partielle du parc entraîne l'instauration d'un tarif unique de cinq euros. Quant à la durée exacte de la fermeture, ou la réalisation des travaux de rénovation, personne ne sait quand ni comment cela sera possible. Mais tous veulent y croire.

(Photo : Elephants du zoo de Vincennes, archives AFP)

Par Pauline POLGAR le 23 juillet 2004 à 17:43
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