© INTERNEDominique Mulliez est directeur de l’Ecole française d’Athènes (EFA), le premier institut archéologique fondé en Grèce (lire l’encadré ci-dessous) et l’un des plus respectés. Pour tf1.fr, il fait le point sur les fouilles qui ont été lancées à l’occasion des Jeux Olympiques.
tf1.fr : Des travaux importants ont été réalisés à Athènes pour les Jeux. Les fouilles archéologiques qui les ont accompagnés ont-elles été tout aussi imposantes ?
Dominique Mulliez : Ce sont des fouilles sans précédent qui s’inscrivent dans la continuité de celles menées lors de la mise en place des lignes de métro entre 1992 et 1997. Dans les deux cas, il s’agit de fouilles de sauvetage, sur des terrains d’exploration imposés aux archéologues. La contrainte supplémentaire, cette fois-ci, tenait au respect d’une date butoir puisque les édifices devaient être prêts pour le début des Jeux.
tf1.fr : Peut-on tirer un premier bilan de ces fouilles ?
D. M. : Des dizaines et des dizaines de milliers d’objets ont été découverts : sculptures, céramiques, épigraphes (inscriptions, NDLR)… Des monuments ou des vestiges ont pu être identifiés, comme ce qui pourrait être une partie du gymnase du Lycée d’Aristote. Toutes ces découvertes permettront d’améliorer notre connaissance de la topographie de la ville, avec sa voirie et son alimentation en eau, de l’implantation des nécropoles, de l’habitat, des quartiers d’artisans, etc. Ma crainte à présent — et ce n’est pas une critique —, c’est que les services archéologiques grecs manquent de bras et d’esprits pour exploiter la masse d’informations qu’ils ont récoltées.
tf1.fr : L’EFA n’a pas pris part aux "fouilles olympiques". Où intervenez-vous ?
D. M. : Nous avons la chance de travailler depuis le XIXe siècle sur deux sanctuaires prestigieux liés à Apollon, Delphes et Délos, ainsi que sur d’autres sites, notamment Argos, Malia ou Thasos. Cette dernière présente l’avantage d’être une cité complète, avec un centre urbain, des ports et un territoire adjacent sur lequel se trouvaient des exploitations agricoles, des mines, des ateliers, des carrières de marbre… Nous ne travaillons pas uniquement dans les frontières actuelles de la Grèce mais également à Chypre, en Albanie et en Bulgarie. La fourchette chronologique à laquelle nous nous intéressons est extrêmement large puisqu’elle s’étend du VIIIe millénaire avant Jésus-Christ jusqu’au début du XXe siècle.
Pour mettre en valeur nos travaux et les ouvrages auxquels ils ont donné lieu, nous avons numérisé la totalité de nos publications, soit 250.000 pages qui sont depuis avril 2003 accessibles gratuitement sur Internet. C’est une grande première dans le domaine de l’archéologie.
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photo : le Parthénon sur l'Acropole, à Athènes (TF1)
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