Champions au lit et dans les stades ?

Par Matthieu DURAND, le 22 août 2004 à 07h00 , mis à jour le 22 août 2004 à 13h36

Les athlètes doivent-ils mettre leur libido en sommeil pendant les Jeux ? La question divise les scientifiques et les sportifs. Eléments de réponse.

préservatifs capotes médailles sport sexe sexualité © TF1.FR

Un athlète de haut niveau doit-il éviter de faire l’amour la veille d’une grande compétition ? La question est régulièrement évoquée à l’occasion des Jeux Olympiques ou des championnats du monde sans que les sportifs, ni les scientifiques ne parviennent à se mettre d’accord.

Et pourtant, la sexualité des sportifs de haut niveau pendant les compétitions n’est pas une bagatelle. La preuve : les Jeux Olympiques d’Athènes ont même un fournisseur officiel de préservatifs, la société britannique Durex, qui a doté gratuitement la pharmacie du village olympique de 130.000 préservatifs et 30.000 dosettes de gel lubrifiant. Soit un peu plus de douze capotes par sportif ! Au delà du coup de pub, cette opération, qui participe aussi à la lutte contre le sida et les maladies sexuellement transmissibles, souligne que les athlètes sont finalement des hommes et des femmes comme les autres. D’ailleurs, la délégation allemande a également remis deux préservatifs à chacun de ses représentants.

Sommeil et agressivité

"La plupart des athlètes ont une sexualité normale, non débridée et pas non plus restreinte", explique à tf1.fr le docteur Bruno Sesboüé, responsable de la Médecine sportive au CHU de Caen. Les galipettes à la veille d’une finale sont-elles pour autant recommandées ? "Une relation sexuelle heureuse ne peut pas nuire", répond d’emblée le spécialiste, également membre de la Société française de la médecine du sport. "La dépense énergétique est plus importante lorsqu’on prend une douche !, poursuit-il. En revanche, si on ne fait pas l’amour comme des lapins, cela demande du temps. Et ce temps est pris au détriment d’autre chose. Or les sportifs de haut niveau ont des contraintes horaires relativement lourdes et ce sont en général de gros dormeurs". Donc si les athlètes s’envoient en l’air au lieu de se reposer, le retour sur terre pourrait s’avérer difficile.

Par ailleurs, les relations sexuelles font tomber l’agressivité, note le Docteur Ian Shrirer sur le site Internet de la BBC. C’est donc positif pour ceux qui en ont trop et négatif pour ceux qui en manquent. Alexander Olshanietzky, un physiothérapeute israélien, soutenait pour sa part lors des Jeux d’Atlanta, en 1996, que les orgasmes favorisaient les performances des femmes — notamment pour les épreuves de saut en hauteur et de course — alors qu’ils lessivaient les hommes.

Impact positif

Qu’en pensent les principaux intéressés ? Des chercheurs du Centre olympique norvégien et de l’université du sport d’Oslo ont justement consacré l’an dernier une étude à la "sexualité et [aux] performances chez les athlètes de niveau olympique" (1). Sur 102 sportifs interrogés, "37% des hommes et 40% des femmes ont indiqué que l’activité sexuelle en général avait un impact positif sur leurs performances sportives", écrivaient les scientifiques. Toujours quatre sportives sur dix et, cette fois-ci, un sportif sur deux estimaient que faire l’amour moins de 24 heures avant une compétition améliorait leurs performances. A l’inverse, environ deux athlètes interrogés sur dix (tous sexes confondus) ne notaient aucun effet bénéfique. En fin de compte, la majorité des sportifs ressentaient le besoin que leur libido soit soumise à quelques règles lors des compétitions. Du bon sens, quoi…

(1) Publiée par l’American College of Sports Medicine

photo : TF1.FR

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Par Matthieu DURAND le 22 août 2004 à 07:00
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