Enfants : risque de leucémie accru près des stations-services

Par Matthieu DURAND, le 19 août 2004 à 16h35 , mis à jour le 19 août 2004 à 18h43

Le développement de la maladie chez les moins de 15 ans est liée à l’exposition élevée à des émissions de benzène. Cette étude, réalisée par l’Inserm, doit toutefois être confirmée.

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Vivre près d’un garage ou d’une station-service multiplie par quatre le risque de développer une leucémie chez les enfants de moins de 15 ans. Telles sont les premières conclusions d’une étude menée sous la direction de Jacqueline Clavel, directeur de recherche à l’Inserm (unité Epidémiologie et statistiques sur l’environnement et la santé), à Villejuif (1). Explications : la maladie est associée à des expositions élevées à des émissions de benzène.

L'étude visait à comparer la situation d’enfants leucémiques de moins de 15 ans avec celle d’enfants du même âge non atteints par la maladie, sur la base d’interviews de leurs parents. Les entretiens ont été menés entre 1995 et 1999 dans quatre hôpitaux français à Paris, Lille, Lyon et Nancy. Au total, les parents de 280 enfants leucémiques et 285 enfants non leucémiques ont répondu à un questionnaire identique.

Etude à creuser

"Nous nous sommes intéressés à l’histoire résidentielle des enfants sur toute leur vie, depuis leur conception", explique la chercheuse de l’Inserm, jointe au téléphone par tf1.fr. Il en résulte que 17 enfants leucémiques, contre 7 enfants non leucémiques, vivent ou ont vécu dans un domicile mitoyen à un garage ou une station-service. Ce qui signifie que le "risque relatif" de développer la maladie est quatre fois plus élevé pour les premiers que pour les seconds. Ces données "interpellent", déclare la scientifique,. D’autant plus que "les doses de benzène dans les garages doivent être très faibles", souligne-t-elle.

Toutefois, Jacqueline Clavel tient à préciser que le terme "mitoyen" a pu être interprété par certains parents comme désignant leur entourage proche. Par ailleurs, insiste la chercheuse, "aucune mesure sur le terrain n’a été effectuée, aucune vérification géographique précise n’a été menée", bref, "aucune preuve" scientifique ne vient corroborer les propos des parents. Cela ne minimise pas les résultats de l’étude, selon elle, mais cela signifie que "l’observation doit être répliquée pour qu’elle ait un sens". A ce titre, une seconde étude, plus affinée et comportant des données objectives sur l’exposition au benzène, est en cours depuis juin 2004 et prendra fin au printemps prochain.

(1) Etude publiée dans la revue Occupational and Environmental Medicine (vol 61, p 773)

photo : archives TF1

Par Matthieu DURAND le 19 août 2004 à 16:35
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