© ManreoLe tribunal administratif de Marseille a suspendu mercredi deux arrêtés préfectoraux autorisant l'abattage du loup dans les Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence. Le juge des référés, qui statuait sur une requête de l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), a estimé que ces deux arrêtés ne pouvaient prendre effet tant que l'arrêté ministériel du 21 juillet 2004 dont ils découlent n'a pas été publié au Journal officiel. Or ce dernier n'a toujours pas été publié.
Le ministre de l'Ecologie Serge Lepeltier a autorisé le 19 juillet, à titre exceptionnel et sous conditions, l'abattage de quatre spécimens d'ici la fin 2004 afin de limiter localement la pression du loup sur les troupeaux. Le 6 août, le tribunal administratif de Nice avait suspendu l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes autorisant l'abattage du loup dans ce département.
Blocages routiers
Le député UMP Daniel Spagnou, ex-rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur la présence du loup, s'est dit mercredi "scandalisé" par cette nouvelle suspension. Il a jugé "infâmant que l'Aspas, en attaquant ces arrêtés préfectoraux, néglige sans vergogne l'activité de toute une profession, vitale pour notre territoire rural de montagne". Le député "demande au Premier ministre de se saisir du problème afin que la France obtienne que la Convention de Berne et la directive Habitat soient amendées", estimant qu'"aujourd'hui, c'est bien l'activité humaine qui doit être protégée dans nos montagnes et non le loup dont la présence est incompatible avec le pastoralisme".
"Le tribunal fait son travail mais c’est aux associations environnementales que j’en veux", a déclaré à tf1.fr, Franck Diény, président de la Fédération régionale ovine des Hautes-Alpes et éleveur lui-même. "Nous n’avons pas les mêmes valeurs et ça se confirme, a-t-il poursuivi. On dirait qu’il n’y a que la vie des loups qui compte et pas celle des éleveurs et des troupeaux. On met en péril notre métier".
Les représentants de la profession ovine avaient demandé début juillet à Jean-Pierre Raffarin un arbitrage sur le dossier du loup : au-delà de l’abattage des prédateurs menaçant les troupeaux, les éleveurs souhaitent que les loups soient parqués dans des réserves. "Nous avons posé un ultimatum au 22 août, date de l’ouverture de la chasse, précise Franck Diény. Si nos revendications ne sont pas prises en compte, nous prendrons les mesures pour défendre notre outil de travail". Et d’ajouter que la profession menace de bloquer les axes routiers dans l’ensemble de l’arc alpin les 28 et 29 août prochains.
photo : archives TF1
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