© INTERNEElles sont invisibles, mais de plus en plus présentes dans l’actualité. Elles inquiètent les pouvoirs publics. Elles frappent les personnes les plus fragiles, immunodéprimées ou âgées. Parfois, elles tuent. "Elles", ce sont les Legionella, ces bactéries communes de la flore aquatique, qui ont une fâcheuse tendance à coloniser les réservoirs artificiels et systèmes de ventilation. Elles prolifèrent dans les eaux stagnantes entre 25 et 45 degrés ; un été doux et humide leur est particulièrement favorable.
Au cours des derniers jours, plusieurs cas de légionellose ont été signalés dans divers endroits en France. Les derniers, probables mais non officiellement confirmés, qui ont été rendus publics sont ceux de trois personnes âgées respectivement de 72, 74 et 84 ans, décédées dans le Bas-Rhin le 18 et le 22 août. Deux personnes atteintes de légionellose ont également été récemment hospitalisées dans les Pyrénées-Atlantiques, à Pau et Oloron-Sainte-Marie. Le premier patient était un postier de Mourenx, âgé d'une cinquantaine d'années ; il a été admis dans un "état critique" au service de réanimation du centre hospitalier de Pau. Le deuxième cas s'est déclaré chez une femme de 45 ans, domiciliée dans le secteur d'Oloron-Sainte-Marie et hospitalisée dans "un état préoccupant".
Plus de mille cas en 2003
La semaine dernière, cinq cas de légionellose avaient été signalés à Strasbourg. Les cinq patients, dispersés sur l'agglomération strasbourgeoise, "présentaient tous auparavant des problèmes de santé sérieux" qui en faisaient des "personnes à risque", a tenu à préciser la Direction départementale de l'action sanitaire et sociale. Et en l'espace de quelques jours, quatre nouveaux cas de légionellose ont été annoncés dans le département voisin de la Moselle, portant à 31 (dont quatre mortels) le nombre de cas de cette infection pulmonaire décelés en Lorraine depuis juin.
Ces cas dispersés ne permettent pas de parler d’épidémie, comme celle qui avait frappé l’hiver dernier les abords de l'usine Noroxo de Harnes, dans le Pas-de-Calais. Reste que depuis 1987, date à laquelle la déclaration de la maladie par les médecins est devenue obligatoire, le nombre de cas recensés augmente régulièrement d’année en année. De 50 cas en 1987, on est ainsi passé à 600 en 2000, et à 1.044 en 2003, dont 14% de cas mortels. En juin dernier, le gouvernement a annoncé un plan de lutte contre la légionellose, visant principalement les normes applicables à l'eau chaude sanitaire et les contrôles des tours aéroréfrigérantes. Mais les autres lieux susceptibles d’abriter des foyers de Legionella, notamment aux domiciles privés, ne sont pas concernés. Les modes de contamination sont encore mal connus. Et le nombre de cas signalés cet été montre que la bataille est loin d’être gagnée.
Photo d’ouverture : archives
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