Loup : les bergers prêts à dégainer

Par Matthieu DURAND, le 21 août 2004 à 07h00 , mis à jour le 21 août 2004 à 07h34

L’ultimatum lancé par les opposants au loup a pris fin vendredi et les éleveurs se disent prêts à défendre leurs troupeaux par les armes. L'arrêté autorisant des abattages de loups a été validé par le Conseil d'Etat - mais les bergers veulent plus.

Le loupObjectif du programme PastoraLoup : faciliter la cohabitation entre le loup, les moutons et les hommes (photo : Brice Gautriaud, WWF France). © INTERNE

L’ultimatum lancé au Premier ministre par les opposants à la présence du loup en France a pris fin le 20 août (cliquez ici pour découvrir notre dossier consacré à ce sujet). En juillet, une délégation d’"anti-loups" avait demandé à Jean-Pierre Raffarin de rendre un arbitrage en leur faveur dans le débat qui les oppose aux associations écologistes. Au delà des abattages du prédateur, "ce que nous demandons, c’est que l’Etat procède à l’enlèvement du loup sur les zones d’élevage", déclare à tf1.fr Franck Diény, président de la Fédération ovine des Hautes-Alpes et lui-même éleveur.

Sans réponse de la part du chef du gouvernement, "l’ultimatum est donc effectif, poursuit Franck Diény. L’Etat a l’obligation de préserver les biens et les personnes. Puisqu’il ne le fait pas, à partir d’aujourd’hui, les éleveurs prennent le droit de défendre leur outil de travail". L’éleveur précise : "On ne va pas aller au devant du loup mais nous protégerons nos troupeaux". Sous-entendu : par les armes si nécessaire.

"Pas de guerre du loup"

Contacté par tf1.fr, Gilbert Simon, vice-président de l’association Ferus qui défend l’existence du loup, de l’ours et du lynx dans l’Hexagone, n’a pas souhaité commenter cette annonce, se bornant à rappeler "l’illégalité des tirs sur des espèces protégées". "Il n’y a pas d’éco-guerriers en France, affirme-t-il. On ne veut pas d’une guerre du loup. Si des actions illégales sont menées, nous y répondrons pas des moyens légaux."

Reste que l’écologiste "comprend la colère des éleveurs", soulignant qu’il n’y a "aucun endroit au monde où les éleveurs font bon ménage avec des prédateurs". Et pourtant, Ferus a mis en place un programme, baptisé PastoraLoup, dont l’objectif est de faire cohabiter hommes, troupeaux et loups. Certains bergers ont ainsi accepté d’adapter leurs méthodes de travail mais sur le terrain, depuis l’annonce du plan Loup à la mi-juillet, la situation est devenue tendue entre les "pro" et les "anti". Gilbert Simon dénonce "les propos trop carrés tenus par le député Estrosi (UMP, NDLR) et certains dirigeants agricoles, qui ont fait croire que l’on peut contenir les loups dans des réserves ou les éradiquer". "La population du canidé sauvage va s’accroître, avance-t-il. Le nombre d’éleveurs mécontents augmentera mais ceux qui vivent avec le loup et qui se sont adaptés à sa présence aussi. Et de prédire que dans quelques années, le loup sera "accepté", au même titre que le renard.

Les "sages" valident l'arrêté sur les abattages

Le Conseil d'Etat, saisi par quatre associations écologiques (Association pour la sauvegarde des animaux sauvages, Société protectrice des animaux, France Nature Environnement, Convention Vie et Nature) a validé vendredi soir l'arrêté interministériel du 13 août qui autorise jusqu'à la fin de l'année l'abattage par des gardes assermentés de quatre loups dans les Alpes-Maritimes, les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes.

photo : B. Gautriaud/WWF

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Par Matthieu DURAND le 21 août 2004 à 07:00
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