© INTERNE- La ville d’accueil :
Les Jeux "antiques" ont toujours été organisés à Olympie, dans le nord-ouest du Péloponnèse, en Grèce, tandis que les Jeux "modernes" se tiennent à chaque fois dans une ville différente. Ce qui n’empêche pas certaines cités d’avoir accueilli la manifestation à plusieurs reprises, comme Athènes en 1896 et 2004. - L’organisation :
Les Jeux antiques et modernes se déroulent tous les quatre ans. Les premiers se sont déroulés sans interruption de 776 avant Jésus-Christ à 393 après J.-C. En revanche, l’Olympiade actuelle, dont la première édition a pris place à Athènes en 1896, a été annulée à trois reprises en 1916, 1940 et 1944 en raison des conflits internationaux. - La durée :
Les Jeux antiques s’étalaient sur sept jours, contre environ deux semaines actuellement. - La trêve :
Pendant les épreuves antiques, une trêve était décrétée : elle n’a jamais interrompu une guerre mais elle protégeait les participants et spectateurs pendant leur trajet vers Olympie et une fois sur place. En 1974, à Munich, les Jeux furent endeuillés par une prise d’otages sanglante perpétrée par des terroristes palestiniens contre les athlètes israéliens. - La religion :
Le site d’Olympie était un sanctuaire dédié à Zeus, dont le temple abritait d’ailleurs l’une des sept merveilles du monde : une statue du dieu en or et ivoire haute de 15 mètres, réalisée par le sculpteur Phidias. Les cérémonies religieuses (offrandes, sacrifices, prières…) occupaient ainsi une bonne partie de la manifestation. - Les épreuves :
Mis à part quelques épreuves qui ont fait des apparitions fugaces au fil des siècles, le programme olympique antique incluait les courses à pied (200m, 400m, 4800m et course avec casque et bouclier), les courses équestres, les sports de combat (lutte, boxe et pancrace) et le pentathlon (combinant 200m, lancers du disque et du javelot, saut en longueur et lutte). A noter que les sports collectifs étaient absents, de même que le marathon. En 2004, 37 disciplines sont représentées. - Les athlètes :
A l’origine, les Jeux antiques étaient réservées aux hommes grecs nés libres (des aristocrates) puis ils se sont progressivement démocratisés et ouverts à d’autres peuples, principalement sous l’Empire romain. Une compétition sportive, baptisée les Héraia en l’honneur de la déesse Héra et réservée aux femmes, était organisée entre deux Olympiades. Les J.O. modernes sont ouverts à tous les hommes et les femmes des pays des cinq continents (représentés par les cinq anneaux du drapeau olympique). Ils sont suivis par l’organisation des Jeux Paralympiques, réservés aux personnes handicapées.
Hier comme aujourd’hui, les sportifs se sont progressivement professionnalisés et spécialisés, bénéficiant des conseils et services d’entraîneurs mais aussi de diététiciens et masseurs. - Les prix :
Seule la victoire comptait à Olympie : pas de médaille d’argent ou de bronze ! Le vainqueur recevait une couronne d’olivier puis des honneurs. "C'est, inenvié, l'éloge qui attend/Les vainqueurs olympiques", clamait Pindare, le poète des Jeux panhelléniques (voir l'encadré ci-dessous). - Les dérives :
Les documents sur les cas de dopage dans l’Antiquité sont rares. Quant aux condamnations pour fraudes et tricheries, il y en a eu seulement eu une demi-douzaine en 900 ans. - Le public :
Dans l’Antiquité, aucune femme mariée ne pouvait se rendre à Olympie sous peine de mort. Aujourd’hui, les gradins sont ouverts à tous. Point commun d’une époque à l’autre : le public venait nombreux. Le stade antique pouvait accueillir jusqu’à 60.000 personnes ! Le chauvinisme et la versatilité ne sont pas nouveaux…
Bibliographie sommaire |
- Philippe de Carbonnières : Olympie, la victoire pour les dieux, CNRS Editions. Une présentation pointue des jeux antiques axée sur les athlètes et les épreuves qu'illustre une riche iconographie.
- Moses I. Finley et H. W. Pleket : 1000 ans de Jeux Olympiques, éditions Perrin. Les Jeux antiques racontés avec détail et dans un style enlevé, les auteurs n’hésitant pas à faire quelques comparaisons avec l'Olympiade moderne et à aborder les dérives et critiques qui entâchaient la compétition panhellénique.
- Jacques Martin avec C. Hervan et Y. Plateau : Les voyages d’Alix, les Jeux Olympiques, éditions Casterman. Un album qui mêle intelligemment des textes clairs à de superbes illustrations du site et des épreuves olympiques dans lesquelles on retrouve Alix et son compagnon Enak.
- Pindare : Œuvres complètes (bilingue), éditions Minos/La Différence. La réédition des odes composées par le poète qui a glorifié les champions antiques dans une traduction moderne, orginale et souvent surprenante.
photo : détail de la couverture Olympie, la victoire des dieux
de Philippe de Carbonnières
(dessin : Jean-Claude Golvin/CNRS Editions)
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