© NASA TV AFPLa capsule de la sonde Genesis s'est écrasée mercredi dans le désert de l'Utah mais sa précieuse cargaison de poussière solaire n'est pas pour autant perdue, selon une équipe française impliquée dans la mission.
"Il est vraisemblable qu'une partie des échantillons soit analysable car le vent solaire est implanté à une profondeur garantissant sa préservation par rapport à une contamination terrestre", a estimé jeudi le le Centre français de recherches pétrographiques et géochimiques (CRPG) du CNRS (1). "Ce problème (...) nécessitera vraisemblablement une phase supplémentaire de nettoyage et caractérisation", a précisé le CRPG en soulignant que "la préparation de l'analyse des échantillons (dans ses laboratoires) continue comme prévu". "Le but principal de la mission est atteint, se sont encore félicités les chercheurs français, puisque des échantillons de vent solaire ont été ramenés à Terre", que "la capsule ne s'est pas désintégrée lors de la rentrée atmosphérique et (qu'elle) a préservé son confinement lors de l'impact".
La capsule "a souffert d'énormes dommages", a toutefois indiqué la NASA. Au terme d'un voyage de trois ans et 32 millions de km, l'engin
a pénétré dans l'atmosphère terrestre mercredi à 17h55 heure française. A 33 kilomètres d'altitude, un parachute stabilisateur devait être déployé puis six minutes plus tard, le parachute principal devait être ouvert à une altitude de 6,1 km. Aucun des parachutes ne s'est ouvert. "Elle a heurté le sol à une vitesse estimée de 160 km/h", a confirmé Chris Jones, responsable du Jet Propulsion Laboratory de la NASA à Pasadena.Micro-grammes
L’attente de la communauté scientifique est proportionnelle à la rareté du chargement. Genesis a capturé des poussières solaires. Entre 10 et 20 micro-grammes, très exactement. Ces particules doivent permettre d’en savoir plus sur la formation de l’astre et des planètes qui l’entourent. C'est la première fois que des échantillons extraterrestres sont ramenés — volontairement — sur Terre depuis les roches lunaires emportées par les équipages américains et soviétiques.
Ne voulant courir aucun risque, la NASA avait prévu d'intercepter l'engin en plein ciel à l'aide d'un hélicoptère. Elle avait fait appel à des pilotes habitués à des missions difficiles. En l’occurrence, Cliff Fleming et Dan Rudert ont déjà réalisé des interventions lors de feux de forêts mais aussi à l’occasion de tournages de films comme Batman, XXX ou Hulk. Leur mission : récupérer la capsule en vol à 2,8 km d’altitude. Chacun des deux hélicoptères était équipé d’une perche d’environ six mètres terminée par un crochet pour agripper le parachute. Si le premier pilote manquait sa cible, le second devait prendre le relais quelques centaines de mètres plus bas. L’un comme l’autre auraient pu effectuer cinq tentatives. Ils n'en ont pas eu l'occasion.
(1) Cette équipe est, selon le Centre national d'études spatiales (CNES) qui a financé ses travaux, "l'une des meilleures au monde pour effectuer des analyses nécessitant une très grande sensibilité dans des conditions d'extrême propreté".
photo : la capsule après sa chute (AFP/NASA TV)
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