© reproduit avec la permission du Victoria and Albert Museum, LondonUne lumière excessive peut détériorer de façon irrémédiable les œuvres fragiles, telles que les tapisseries, tissus, manuscrits, pastels ou photos. C'est le cas de la tapisserie de l'Apocalypse, conservée à Angers, qui a été exposée pendant des décennies. Dans le cadre d’un programme de recherche européen, le centre de recherches sur la conservation des documents graphiques (CRCDG) (1) et l’institut allemand Fraunhofer-Institut für Silicatforschung ont ainsi conçu et fabriqué un dosimètre de luminosité baptisé LightCheck.
Son principe est tout simple : il est fondé sur la modification d'un mélange de composés photosensibles qui change de couleur, passant du bleu au rose puis au blanc, en fonction de la quantité de lumière reçue. La réaction à la lumière est cumulative, c’est-à-dire que la couleur du LightCheck vire une fois que le "trop-plein" de lumière est atteint, en quelques minutes, plusieurs jours ou des mois. Grâce à un nuancier de référence, le personnel du musée peut alors estimer d’un coup d’œil les risques encourus par l’œuvre sous les projecteurs.
Brevet et prix
Des expérimentations in situ ont été menées au musée Cognacq-Jay à Paris, au musée juif de Berlin, à la Galerie des Offices à Florence et au Victoria and Albert Museum de Londres. Les résultats sont concluants : LightCheck, qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet, est désormais commercialisé par une société britannique. Quant aux directeurs des laboratoires français et allemand, ils ont été récompensés en décembre 2003 du Grand prix paneuropéen de l’innovation.
(1) Unité mixte du CNRS, du ministère de la Culture et du Muséum national d’histoire naturelle.
photo : comparaison du LightCheck (à droite) avec le nuancier de référence (avec la permission du Victoria and Albert Museum de Londres)
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