© INTERNEDes experts de la faune et de la flore de 166 pays sont réunis depuis samedi à Bangkok pour réguler le commerce des espèces parmi les plus rares ou en danger d'extinction. Les délégués à cette réunion prévue jusqu'au 14 octobre vont débattre d'une cinquantaine de propositions visant à protéger ces espèces, dans le cadre de la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces menacées de faune et de flore sauvages, dite Convention de Washington.
Les enjeux de cette 13e réunion sont énormes alors que le commerce international porte sur quelque 350 millions d'animaux et de végétaux par an, pour des milliards de dollars, ont expliqué les organisateurs de la rencontre qui a lieu tous les deux ou trois ans. Certaines espèces sont menacées d'extinction par le commerce illégal, tandis que d'autres sont mises en danger par une commercialisation excessive, la pollution ou la destruction ou la diminution de leur habitat naturel.
Baleine, lion, requin blanc…
La réunion de la CITES devrait, comme à chaque édition, être l'occasion de vifs débats sur des sujets traditionnellement sensibles. Arguant que les stocks ont augmenté — un argument contesté — les responsables japonais espèrent obtenir le retrait de la baleine de Minke de l'annexe I, celle des espèces menacées d'extinction et en principe totalement interdites au commerce. Les espèces commercialisables dans la limite de quotas sont inscrites dans l'annexe II, les espèces soumises à des réglementations nationales et nécessitant un contrôle international dans l'annexe III. L'éléphant d'Afrique promet aussi des escarmouches alors que plusieurs pays africains sont autorisés à vendre des "stocks existants" d'ivoire, une dérogation accusée d'avoir augmenté le braconnage.
Les écologistes et plusieurs pays veulent aussi une protection renforcée du grand requin blanc, recherché pour ses mâchoires, dents, nageoire et chair et dont les réserves diminuent. De même pour le lion qui a perdu la moitié de sa population en Afrique en 30 ans. Les tortues d'Asie et les tortues de mer devraient aussi figurer à l'ordre du jour. A l'inverse, un contrôle plus souple du commerce est proposé par certains participants en ce qui concerne des espèces emblématiques comme le rhinocéros et l'aigle à tête blanche, dont les populations ont connu une nette augmentation.
La CITES interdit tout commerce pour 600 espèces animales et 300 espèces végétales mais l'autorise, sous permis seulement, pour plus de 4.100 animaux et 28.000 plantes. Les défenseurs de la faune et la flore stigmatisent cependant le manque de pouvoirs coercitifs de la Convention qui dépend largement de la volonté de ses membres d'appliquer les mesures de protection.
photo : DR
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