Hurler pour la défense du loup et de l’ours

Par Matthieu DURAND, le 06 novembre 2004 à 07h00 , mis à jour le 05 novembre 2004 à 18h22

Plusieurs associations de protection de la nature appellent à une grande mobilisation samedi après l'abattage de deux loups et de l’ourse Cannelle. Des rassemblements sont prévus à Paris, à Nice et dans le Vercors.

Qui a peur du loup ? © INTERNE

"Défendons le loup et les autres grands carnivores !". C’est sous ce mot d’ordre que de nombreuses associations écologistes, françaises et étrangères, appellent à des rassemblements samedi à Paris à 14h30, Nice à 14h et Font-d'Urle, dans le Vercors, à 12h. "Afin de dire notre consternation, nous hurlerons tous ensemble dans ces trois lieux à 15h30", a indiqué jeudi l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas).

A l’origine, le WWF, FERUS et la Société protectrice des animaux (SPA) avaient lancé l’idée d’une manifestation devant le Panthéon le 6 novembre, "suite à l'autorisation donnée par le gouvernement de tirer quatre loups d'ici la fin de l'année", rappellent les trois organisations. Entre temps, "deux loups ont été abattus en moins d'un mois par les agents de l'Etat" et l’ours Cannelle, "la dernière femelle présente dans les Pyrénées occidentales", a été tuée "par des chasseurs irresponsables" lundi dernier. Le rassemblement a donc été étendu aux deux sites en régions tandis que le nombre de participants s’est élargi.

Protection et filière ovine

Le loup et l’ours, "comme le lynx, sont strictement protégés par la Convention de Berne (ratifiée par la France en 1990), la Directive Habitats et la loi française", rappellent les trois organisateurs. "Or si des dérogations pour la capture ou le tir peuvent être accordées lorsque les populations animales sont en bon état de conservation, celle des loups en France ne remplit pas cette condition : pour mémoire, on estime qu'elle est d'une cinquantaine d'individus chez nous, alors que nos voisins italiens en comptent plus de 500 et les Espagnols environ 2000", soulignent les ONG. Selon elles, "ces autorisations de tir, qui visaient essentiellement à calmer les éleveurs et les bergers, ne résoudront pas les problèmes économiques réels que rencontre la filière ovine, en déclin bien avant le retour du loup" (cliquez ici pour découvrir notre dossier sur le loup en France).

Par ailleurs, la Coordination Associative Pyrénéenne pour l'Ours (CAP-Ours) a lancé vendredi "une grande pétition nationale afin d'obtenir du gouvernement et des pouvoirs publics locaux la mise en œuvre immédiate d’un plan de restauration des populations d’ours" dans cette région.

Cohabiter avec les grands prédateurs

La cohabitation entre l’homme, ses troupeaux et les grands prédateurs que sont le loup, l’ours et le lynx est possible. Le WWF et l’association FERUS en sont convaincues, qui ont mis en place des pratiques allant dans ce sens sur le terrain, avec les bergers. Un ouvrage, parrainé par les deux organismes, en apporte la preuve, belles photos à l’appui. Vivre avec le loup s’attache à retracer les conséquences du retour en France du prédateur et des mesures qui existent pour protéger le bétail.
Julie Delfour : Vivre avec le loup, éditions Hesse, 142 pages, 29 euros.

photo : archives (DR)

Par Matthieu DURAND le 06 novembre 2004 à 07:00
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