Sida : l'espoir d'un vaccin thérapeutique ?

Par P.P. avec AFP, le 29 novembre 2004 à 11h45 , mis à jour le 29 novembre 2004 à 15h30

Une équipe française a réalisé au Brésil un essai de vaccin thérapeutique qui s'est révélé encourageant. Le vaccin aurait été efficace sur près de la moitié des patients séropositifs traités.

sida virus vih © INTERNE

La recherche d'un traitement contre le virus du Sida pourrait avoir fait un grand bon en avant. La moitié des patients séropositifs qui ont bénéficié au Brésil d'un essai de vaccin thérapeutique — qui vise à traiter des personnes déjà séropositives et non préventivement à empêcher la contamination — ont amélioré leur état. L'espoir naît de l'expérience menée par l'équipe de recherche française composée du professeur Jean-Marie Andrieu, cancérologue à l'hôpital Georges-Pompidou et du chercheur franco-chinois Louis Wei Lu, du Centre universitaire des Saints-Pères, Paris V.

De septembre 2002 à janvier 2003, 18 personnes séropositives ont reçu une injection qui vise à "réveiller" les cellules dendritiques, cellules qui servent normalement à riposter à une attaque virale et qui, dans le cas du V.I.H., n'y parviennent pas. Ce "réveil" du système immunitaire est rendu possible par le mélange de cellules dendritiques et de virus inactivés chimiquement, donc tués, dans cette préparation vaccinale, élaborée individuellement pour chaque patient. Rapidement, la charge virale des volontaires a commencé à diminuer. Chez huit patients, cette réduction du virus dans le sang s'est maintenue jusqu'à un an après la vaccination.

Un essai à confirmer

Pour confirmer cet essai, les chercheurs doivent maintenant effectuer des essais comparatifs à plus grande échelle, avec des sujets vaccinés et d'autres non. En raison de sa complexité, ce traitement, qui pourrait comprendre des injections de rappel, ne peut s'appliquer, tel quel, qu'à un petit nombre de patients. Les médecins espèrent donc pouvoir le simplifier et, à terme, élaborer un vaccin universel, dont les composantes ne proviendraient plus des patients.

Un "massacre par indifférence"

Le sida est à l'origine d'un "massacre" en Afrique à cause de l'"indifférence", voire du "racisme" de l'Occident, a accusé l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour le sida en Afrique, le Canadien Stephen Lewis, dans une interview au journal allemand Die Zeit. "L'Onusida a versé l'an dernier 4,3 milliards de dollars contre le VIH et le sida" alors que "200 milliards de dollars vont être dépensés jusqu'à la fin de l'année pour la guerre et la reconstruction en Irak", a-t-il affirmé. "Nous devons désormais fournir des médicaments gratuits", a-t-il plaidé. Désormais "la responsabilité est moins celle des groupes pharmaceutiques que celle de (nos) gouvernements", a-t-il encore dit.

Image : le V.I.H. (archives TF1)

Par P.P. avec AFP le 29 novembre 2004 à 11:45
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