Après le séisme, le risque d'épidémies

Par Brigitte Castelnau (AFP), le 28 décembre 2004 à 16h34 , mis à jour le 29 décembre 2004 à 10h08

Après le violent séisme qui a frappé dimanche l'Asie, les autorités craignent l'apparition d'épidémies. Principales menaces : les maladies liées à l'eau, comme le paludisme et la diarrhée.

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Eviter les épidémies, telle est la priorité des autorités et des agences sanitaires dans la zone sinistrée par le séisme qui s’est produit dimanche, au large de Sumatra. "La principale menace réside dans les maladies (impliquant) l'eau, en particulier le paludisme et la diarrhée, et dans les infections des voies respiratoires", selon Hakan Sandbladh, un responsable de la Croix-Rouge à Genève.

L'accès à une eau potable, au savon (pour se laver les mains) et l'évacuation des eaux usées sont stratégiques pour prévenir des épidémies liées aux germes fécaux, comme les maladies diarrhéiques. Le choléra est ainsi transmis par les eaux polluées par les déjections humaines ou des aliments souillés. La fièvre typhoïde est également largement dépendante des conditions d'hygiène.

Eaux stagnantes

"Le risque épidémique varie selon le pays et la région touchés : niveau du système de santé, niveau économique, épidémie déjà présente...", rappelle-t-on à Médecins sans Frontière (MSF). Les catastrophes peuvent en effet être l'occasion pour des maladies endémiques, c’est-à-dire préalablement présentes plus ou moins discrètement, de prendre plus d'ampleur.

Le risque d'une augmentation des cas à la suite d'un séisme est largement dû aux dégâts sur les réseaux d'assainissement et d'adduction d'eau, à l'interruption des services de santé vaccinations préventives et à l'absence de lutte contre des vecteurs de maladies comme les rongeurs ou les moustiques. Ces derniers, de même que d’autres insectes, se reproduisent dans les eaux stagnantes et peuvent transmettre le paludisme et la dengue.

Population et cadavres

"Le risque d'épidémie est aussi lié aux concentrations de la population dont les maisons ont été détruites", explique le docteur Pauline Horrill de MSF. Ces regroupements de personnes déplacées dans des camps aux conditions de vie précaires "favorisent la transmission directe d'infections, notamment respiratoires, comme par exemple la rougeole", ajoute-t-elle.

Cadavres ou charognes peuvent polluer des puits. Des spécialistes de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) rappelaient toutefois récemment que, contrairement à une idée répandue, les cadavres ne sont généralement pas dans les grandes catastrophes une source importante d'épidémies.

Blessés graves

Dans l'immédiat, les services de soins et de secours sont confrontés à des blessés graves souffrant de traumatismes complexes et souvent du syndrome d'écrasement, une cause d'insuffisance rénale. Comprimés par les éboulements, les muscles émettent en effet des toxines. Pour les éliminer, une dialyse rénale est alors nécessaire.

Par Brigitte Castelnau (AFP) le 28 décembre 2004 à 16:34
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