© INTERNELa "journée sans pédiatre" a été "très suivie" lundi, notamment dans les maternités, par les pédiatres libéraux. Ces médecins spécialisés dans les soins aux bébés et enfants jusqu'à 16 ans réclamaient des revalorisations d'honoraires et entendaient ainsi sensibiliser le public aux menaces de "disparition" pesant sur la profession, selon les organisateurs.
Le Syndicat national des pédiatres français (SNPF), qui revendique 1.800 adhérents sur quelque 2.744 pédiatres libéraux au total, avait appelé ces médecins à cesser le travail jusqu'à mardi. La Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), qui représente l'ensemble des cliniques privées de France, soit 1.300 établissements, 120.000 salariés et 40.000 médecins, a confirmé que les pédiatres libéraux avaient participé en nombre à cette journée de revendication.
"Dans la trentaine de cliniques les plus importantes, on a dû procéder à des réquisitions de pédiatres. Dans les maternités plus petites, les patients ont été orientés vers les centres hospitaliers qui ont pris le relais sans problème", a noté la FHP.
Forte mobilisation en province
Dans la région PACA, une manifestation de pédiatres a eu lieu à Avignon. Selon l'Agence régionale de l'hospitalisation de cette région, "il n'y a pas eu de souci" puisque des pédiatres ont été réquisitionnés "dans les Bouches-du-Rhône, là où existe la plus forte activité". En Aquitaine, "environ 90% des cabinets étaient fermés", selon le représentant régional du SNPF.
Le SNPF, pourtant affilié à la CSMF, l'un des trois syndicats à avoir signé le texte conventionnel du 23 décembre avec l'assurance maladie qui a ouvert la voie à des revalorisations d'honoraires des médecins spécialistes, a jugé les revalorisations des pédiatres insuffisantes au regard de celles obtenues par leurs collègues spécialistes et généralistes. Le SNPF réclame ainsi une revalorisation non pas de 2 EUR mais de 4 EUR et que les astreintes de garde des pédiatres libéraux exerçant en maternité soient mieux rémunérées.
Un pédiatre percevait en moyenne entre 47.500 et 52.000 EUR de revenus nets annuels en 2000 et 2001. Il se situait en bas de l'échelle par rapport aux radiologues, chirurgiens, et même par rapport aux généralistes (53.387). Le SNPF s'inquiète d'une chute d'attractivité de la profession, notamment sur le plan financier, au point que la pédiatrie libérale perde chaque année 100 à 150 pédiatres (départs non remplacés).
(Photo : pédiatre/DR)
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