
La pêche à la coquille Saint-Jacques a été interdite jusqu'à nouvel ordre dans la rade de Brest en raison de la présence d’une neurotoxine dans l’eau, probablement produite par une algue microscopique. Par mesure de précaution, une vingtaine de tonnes de coquilles ont été retirées de la vente par les professionnels depuis lundi.
Amnésie
La neurotoxine en question — l’acide domoïque — a des effets amnésiants, d’où son nom en anglais d’Amnesic shellfish poison (ASP). Consommée en certaines quantités, elle provoque des pertes de mémoire. Au Canada, en 1987, elle a plongé des consommateurs de fruits de mer dans un coma profond et provoqué plusieurs décès. Toutefois, dans la rade de Brest, "le niveau constaté entraînerait plutôt des troubles digestifs dans les 48 heures", indique jeudi la Direction des Affaires Maritimes du Finistère.
"Les diatomées, une classe de phytoplancton répandue dans le monde entier, sont susceptibles de produire ces toxines", indique à tf1.fr Claire Marcaillou, responsable du laboratoire Phycotoxines et nuisances de l’Ifremer, à Nantes. C’est-à-dire que ces algues microscopiques, qui sont présentes en permanence dans les eaux françaises, peuvent éventuellement devenir toxiques, notamment pour des raisons climatiques. Des algues difficiles à surveiller donc.
Surveillance
"Les diatomées sont très surveillées lors de leur floraison, lorsqu’elles se multiplient, au printemps et en été, précise Claire Marcaillou. Mais en automne et en hiver, il n’y a plus grand-chose à regarder dans l’eau." D’où la prudence des scientifiques sur la cause de l’intoxication des coquilles Saint-Jacques. Par ailleurs, les prélèvements d’eau de mer, régulièrement effectués par les équipes de l’Ifremer, sont effectuées à différentes profondeurs mais pas au fond, où se trouvent les coquilles Saint-Jacques. Restent que, comme le confirment les analyses, ni les moules, ni les huîtres ne sont concernées par l’interdiction en rade de Brest. Car les coquillages filtrent l’eau et ingèrent le phytoplancton de manière différente. Quant aux coquillages présents sur les étals, ils ont été contrôlés par les services vétérinaires. Pas de panique, donc.
Interdiction en Baie de Seine |
photo : archives TF1
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