© INTERNEJacques Chirac a tiré lundi la sonnette d'alarme sur la disparition accélérée des espèces, lors de la conférence internationale sur la biodiversité qui a débuté au siège de l’Unesco, à Paris. Il a appelé la communauté internationale à créer "un groupe international sur l'évolution de la biodiversité", à l'image de ce qui existe sur le climat. Double objectif : permettre aux scientifiques d'avoir une meilleure connaissance de ce phénomène mais aussi d’alerter les dirigeants politiques et l'opinion.
"Sur tous les continents et dans tous les océans s'allument des signaux d'alerte", a lancé le président de la République, en citant "la destruction des forêts primaires tropicales", "la mort lente des récifs coralliens" ou "l'effondrement des populations de grands mammifères sauvages". "La destruction de ce patrimoine, légué par des millénaires d'évolution est une terrible perte et une grave menace pour l'avenir", a-t-il souligné. Le succès de l'homme sur terre se traduit par une disparition des espèces à un rythme 100 à 1.000 fois supérieur au rythme naturel, selon les scientifiques (cliquez ici pour lire l’article Pendant les débats, l’extinction continue).
Engagements français
Evoquant "une responsabilité sans précédent (…) qui engage notre destin à tous", le chef de l'Etat a incité "chaque pays [à] prendre des mesures concrètes. Au premier rang, ceux qui abritent une biodiversité exceptionnelle. Comme la France qui s'y engage résolument". De nombreux experts accusent en effet la France d'être en retard pour la protection de ses richesses naturelles. Or, grâce à ses territoires d'outre-mer, elle abrite 10% des récifs coralliens mondiaux, 20% des atolls et plus de 7 millions d'hectares de forêt amazonienne en Guyane.
Dès cette année, a assuré Jacques Chirac, "l'Etat n'utilisera, pour ses grands travaux immobiliers, que du bois éco-certifié", une mesure étendue d'ici à 2010 à tous les achats publics. Egalement annoncée : "la création d'ici à 2006" des parcs nationaux de la Réunion et de Guyane qui sont depuis des années en gestation, celle de nouveaux parcs naturels marins, "par exemple en mer d'Iroise", ainsi que de réserves naturelles dans les Terres australes et antarctiques françaises.
En Nouvelle-Calédonie, la France "renforcera aussi la protection et la gestion de la barrière de corail, en vue de son classement au patrimoine mondial de l'Unesco", a-t-il dit. Le chef de l'Etat s'est également engagé à ce que la France complète "d'ici la fin 2006 le réseau de ses sites Natura 2000", un réseau de sites naturels européens pour lequel la France est en retard. Le président a enfin cité la conservation de l'ours dans les Pyrénées après la mort de l'ourse Cannelle tuée par un chasseur. "Grâce à cet ensemble de mesures, la France entend tenir l'engagement européen d'enrayer l'érosion de sa biodiversité d'ici 2010", a-t-il affirmé.
Vers un "appel de Paris" |
photo : le Piton de la Fournaise, à La Réunion, où sera créé un parc national (AFP)
photo : le Piton de la Fournaise, à La Réunion, où sera créé un parc national (AFP)
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