La lèpre toujours pas éradiquée

le 29 janvier 2005 à 14h32 , mis à jour le 30 janvier 2005 à 17h08

Guérissable mais loin d'être éradiquée, la lèpre touche encore plus d'un demi-million de personnes chaque année dans le monde. Diagnostiquées trop tard, elles garderont des séquelles.

lèpre lépreux Afrique Tchad AFP © INTERNE

La 52e Journée mondiale des lépreux ce dimanche est l'occasion de faire le point sur une maladie encore loin d'être éradiquée, contrairement aux engagements de l'Organisation mondiale de la Santé. Environ 515.000 nouveaux cas, dont 12% frappant des enfants, ont été détectés en 2003 selon l'OMS. Un chiffre sous-estimé selon experts et associations luttant contre ce fléau, qui font état de 600.000 à 700.000 nouveaux cas découverts chaque année.

La lèpre continue donc de frapper 2.000 personnes par jour, dont 10% ont moins de 15 ans. L'OMS avait promis une éradication pour 2000, puis 2005. La lèpre reste un problème, dans une quinzaine de pays d'Afrique (Madagascar, Tanzanie, Mozambique...), d'Asie (Inde, Népal) et d'Amérique latine (Brésil).

Un traitement associant trois antibiotiques, mis au point au début des années 80, a permis de guérir plus de 13 millions de malades. Mais deux à trois millions d'entre eux gardent des séquelles. D'où la nécessité d'un dépistage précoce, avant l'apparition des lésions, grâce à la formation du personnel de santé. Cette journée mondiale de la lèpre tentera de mobiliser les donateurs. Un an de traitement coûte 24 euros, selon l'Ordre de Malte.

La lèpre est peu contagieuse

Provoquée par un bacille proche de celui de la tuberculose, le Mycrobacterium leprae ou bacille de Hansen, du nom du biologiste norvégien qui l'a isolé, l'infection évolue très lentement et l'incubation peut durer dix voire vingt ans. L'apparition de taches insensibles sur la peau est le premier symptôme visible de la maladie. Contrairement aux idées reçues, la lèpre est peu contagieuse. Elle se transmet par les sécrétions nasales, les postillons, mais 90% des personnes en contact prolongé avec le bacille ne développent pas la maladie. Deux gènes de "susceptibilité à la lèpre" ont été identifiés l'an dernier. Le bacille affecte principalement la peau, les nerfs, les muqueuses. Si les paupières sont paralysées et l'oeil non humidifié, le malade peut perdre la vue, explique-t-on à l'association humanitaire Raoul Follereau.

Photo : L'Inde est un des pays touché par la lèpre.

le 29 janvier 2005 à 14:32
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