Une semaine pour prévenir les catastrophes

le 17 janvier 2005 à 16h20 , mis à jour le 18 janvier 2005 à 20h49

Le Japon accueille depuis de mardi une conférence internationale sur la prévention des catastrophes naturelles. La France soutient la création à La Réunion d'un centre d'alerte pour l'Océan Indien.

RavagesDu Sri Lanka à la Thaïlande, comme ici à Khao Lak, les côtes sont ravagées (image : LCI).

Prévue de longue date, la conférence des Nations Unies consacrée à la prévention des catastrophes naturelles s’est ouverte mardi à Kobé, au Japon. Près de 150 pays, représentés par 3.000 experts et officiels, participent à la conférence qui se tient jusqu'au 22 janvier. La délégation française est emmenée par Serge Lepeltier, ministre de l'Ecologie.

Le choix de la cité-hôte correspondait au dixième anniversaire du séisme qui a ravagé la ville et tué 6.400 personnes. Les raz-de-marée géants du 26 décembre dernier donnent à la conférence une toute autre dimension et une nouvelle urgence. Objectif de cette réunion : "motiver et guider" les Etats afin qu'ils accordent plus d'attention à l'intégration de la gestion des risques de catastrophe dans la réduction de la pauvreté. Parmi les thèmes abordés : les systèmes de prévention et d'alerte précoce contre les catastrophes naturelles ainsi que leur financement.

30 millions de dollars

A l'origine, la conférence de Kobé devait faire le bilan de la mise en œuvre de la stratégie et du plan d'action adoptés lors d'une première conférence sur le même thème à Yokohama, en 1994. Toutefois, deux sessions ont été rajoutées à la hâte afin de discuter d'un système d'alerte spécifique aux tsunamis. Coût selon l'ONU : 30 millions de dollars seulement. Koichiro Matsuura, directeur de l'Unesco, a estimé qu'un système d'alerte "devrait être mis en place dans l'Océan Indien d'ici juin 2006" et qu'un système global pourrait être opérationnel une année plus tard.

Pays hôte de la conférence, le Japon débloquera quatre millions de dollars pour financer ce système d'alerte. Tokyo a également proposé lundi d'accueillir à Kobé un centre international spécialisé dans les opérations de reconstruction, après des catastrophes majeures. Ce centre coordonnerait les opérations internationales de secours, dépêcherait des experts dans les zones sinistrées, superviserait la reconstruction et piloterait des campagnes de sensibilisation dans le monde entier.

La France soutient la Réunion

De son côté, Jacques Chirac, dans un message adressé pour la conférence, soutiendra l’idée de la création à La Réunion d’un "système global de prévention et d'alerte de tous les risques environnementaux" pour l’Océan Indien, selon les termes de Xavier Darcos, ministre délégué à la Coopération, au développement et à la francophonie. L'île "dispose déjà d'un plateau scientifique puissant et compétent" qu’il "conviendra de renforcer (…) et d’élargir à tous les risques environnementaux", a-t-il justifié. Selon lui, "une telle structure pourrait être placée sous la responsabilité soit de l'ONU soit de l'Office Mondial de la Météorologie".

478.000 victimes en dix ans

Selon une étude de l'ONU, les désastres naturels ont coûté la vie à plus de 478.000 personnes dans le monde au cours de la décennie 1994-2003, auxquelles il faut ajouter les pertes humaines des tsunamis (plus de 168.000 morts à ce jour). Les dégâts matériels sont évalués à près de 700.000 milliards de dollars pour la même période.

d'après AFP

photo : Khao Lak en Thaïlande, après le tsunami du 26 décembre (LCI)

le 17 janvier 2005 à 16:20
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