
De nouvelles accusations contre le Vioxx : l'anti-inflammatoire pourrait avoir causé de 88.000 à 140.000 cas supplémentaires de maladies cardiovasculaires aux Etats-Unis depuis son lancement en 1999. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par un médecin-expert de l'Agence américaine du médicament (FDA), et publiée mardi en ligne par la revue médicale britannique The Lancet.
Cet anti-inflammatoire de la famille des coxibs (inhibiteur sélectif d'une enzyme appelée cyclo-oxygénase-2), était essentiellement prescrit pour les symptômes d'affections rhumatismales comme l'arthrose, avant son retrait du marché en septembre dernier (lire l’encadré ci-dessous).
Plus de 8.000 malades
L’étude s’est intéressée à près de 1,4 million de patients californiens qui avaient pris ce type de médicament entre janvier 1999 et fin décembre 2001. Les personnes prenant du Vioxx avaient ainsi un risque accru de 34% de souffrir d'accidents cardiovasculaires par rapport aux patients recourant à d'autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour lutter contre la douleur. Parmi ces patients, 8.143 ont souffert d'une maladie cardiaque grave — un infarctus du myocarde pour 5.799 d'entre eux. L'issue a été mortelle dans 27% des cas.
Ce groupe de plus de huit mille malades a été comparé avec un groupe de contrôle d'environ 31.500 personnes d'âge et de sexe comparables. Les personnes prenant du rofécoxib (nom scientifique du Vioxx) avaient 1,6 fois plus de risques de souffrir d'une maladie cardiaque que celles utilisant du célécoxib (nom scientifique du Celebrex), un autre anti-inflammatoire. Pour une dose de Vioxx inférieure ou égale à 25mg/jour, le risque était multiplié par 1,5 ; pour une dose élevée (plus de 25mg/jour), il était multiplié par multiplié par 3,6.
L'étude montre aussi une augmentation de 14% du risque de troubles cardiaques pour les personnes prenant du naproxène alors que de précédentes études suggéraient un effet protecteur de cette molécule contre les maladies cardiaques, selon les auteurs. David Graham, directeur adjoint du service à la FDA chargé d'évaluer l'innocuité des médicaments, prône davantage de prudence à l'avenir lorsque des essais montreront qu'un nouveau médicament entraîne plus de risques d'effets secondaires que les traitements habituels.
Retrait et pressions |
photo : TF1
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