Les volcans à l'origine de la grande extinction

le 21 janvier 2005 à 10h26 , mis à jour le 21 janvier 2005 à 22h50

Dossier : CNRS : à la découverte de la Terre

Des équipes de paléontologues affirment que la disparition des espèces, il y a 250 millions d'années, est due à une modification du climat. La cause : un effet de serre créé par des éruptions volcaniques.

cratère éruption piton fournaise réunion Le Piton de la Fournaise de l'île de la Réunion est un des plus actifs au monde. Il entre en éruption en moyenne une fois tous les 6 mois. © lci

Un changement climatique, et non un astéroïde, aurait provoqué la grande extinction des espèces il y a 250 millions d'années. Après plusieurs années de recherche, des équipes internationales de paléontologues ont conclu que la disparition de 90% des espèces marines et de 75% de la flore et de la faune terrestres entre la fin du Permien et le début du Trias a apparemment résulté d'un réchauffement atmosphérique dû à un effet de serre créé par des éruptions volcaniques.

La théorie la plus communément admise jusqu'à présent pour expliquer la plus grande catastrophe de l'histoire de la vie sur Terre était la chute d'un gros météorite ou la collision avec une comète qui aurait modifié brutalement le climat de la planète, ont indiqué les chercheurs dont le résumé des travaux a paru dans la revue Science de vendredi (1).

Extinction simultanée et progressive

"Basée sur les indices géochimiques que nous avons trouvés, l'extinction des espèces marines et terrestres paraît s'être produite simultanément" et progressivement, explique Peter Ward, un paléontologue de l'université du Washington, responsable d'une des équipes de recherche. "Les animaux et la végétation sur terre comme dans les océans ont péri durant la même période et apparemment des mêmes causes, à savoir des températures trop élevées et de manque d'oxygène", ajoute-il.

Son équipe a examiné 127 crânes fossilisés de reptiles et d'amphibiens découverts dans une carotte de sédiment de 300 m d'épaisseur prélevée dans le bassin de Karoo, en Afrique du Sud. Ces sédiments datent de la fin du Permien et du début du Trias. La grande extinction s'est ainsi déroulée progressivement sur une période de dix millions d'années suivie d'une très forte accélération pendant cinq millions d'années.

Gaz sulfureux

Des sédiments de la même époque géologique, prélevés sur les côtes australiennes et de la Chine, ont été analysés par une deuxième équipe de paléontologues, conduite par Kliti Grice de l'université de Technologie de Curtin, en Australie. Des indices chimiques montrent que l'océan manquait alors d'oxygène et contenait de nombreuses bactéries se développant dans le souffre. Leurs découvertes ont corroboré les résultats des études en Afrique du Sud. Elles tendent à indiquer que l'atmosphère terrestre était alors pauvre en oxygène et empoisonnée par des émissions de gaz sulfureux chauds provenant d'éruptions volcaniques.

(1) La plupart des experts continue à s'accorder pour dire que la disparition des dinosaures, il y a 65 millions d'années, s'explique par la catastrophe climatique provoquée par la chute d'un astéroïde. Le point d’impact forme aujourd'hui le cratère de Chicxulub au Mexique, près de la péninsule du Yucatan.

photo : archives LCI

le 21 janvier 2005 à 10:26
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