Cannabis : confronter le mythe à la réalité

Par d'après AFP, le 02 février 2005 à 07h00 , mis à jour le 02 février 2005 à 16h16

Une campagne de prévention, présentée ce mercredi, s'intéresse à l'usage "problématique" du cannabis chez les jeunes. Un discours résolument nouveau de la part des pouvoirs publics.

cannabis spot pub adolescente © INPES

Le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy a présenté mercredi une campagne de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) sur la consommation de cannabis. Sous le thème "Le cannabis, c'est une réalité", cette campagne, a dit le ministre, va "mettre en face le mythe du cannabis et sa réalité pour sortir des idéologies reçues" sur sa prétendue non-dangerosité. S'appuyant sur des études récentes, il a ajouté qu'il était de son "devoir de ministre de la santé" d'attirer l'attention sur les conséquences qu'une "consommation régulière" peut entraîner notamment au niveau neuropsychologique et de la dépendance.

Six films, huit spots radio et des encarts pour la presse écrite seront lancés à partir du 8 février. A travers des témoignages réalistes, dits par des comédiens, les spots TV tordent ainsi le cou à l'imagerie positive que la plupart des jeunes associe au cannabis. A la conviction qu’"Avec le cannabis, on se sent super bien", un film oppose une expérience de "bad trip", où il est question de nausées et d’idées noires. Les difficultés d'apprentissage et l'échec scolaire sont narrés dans deux spots, répondant à l'assertion selon laquelle "Avec le cannabis, on comprend tout". Deux autres témoignages contredisent l'idée qu'"Avec le cannabis, on se fait plein d'amis" tandis qu'un sixième traite de la dépendance en s'inscrivant en faux contre l'affirmation selon laquelle "Le cannabis, c'est pas vraiment une drogue".

Ecoute et conseils

Certains thèmes comme le cancer ou la schizophrénie n’ont pas été abordés par volonté de "rester dans le concret, dans des expériences qui parlent" aux jeunes, selon un des concepteurs de la campagne. Autre sujet absent, le cannabis au volant. C'est pourtant "le risque n°1 pour les jeunes", regrette le psychiatre Jean-Michel Delille, à la tête d’un service spécialisé à Bordeaux, qui a été consulté par les publicitaires.

Les spots radio et télé, comme les encarts de presse écrite, renvoient à un numéro (0811.91.20.20). Les animateurs qui répondront disposent d'une liste des 250 centres où les consommateurs de cannabis peuvent recevoir soins et conseils. Parallèlement, des brochures ont été éditées: l'une à destination des parents, l'autre des jeunes, tandis qu'un "Guide à l'arrêt", inspiré d'une expérience australienne, a été préparé pour les professionnels.

Reste que le ministère de l'Intérieur et la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) préparent une autre campagne, prévue fin 2005 ou début 2006, sur "l'aspect répressif, avec un rappel de l'interdit et des sanctions encourues, et un volet sur l'économie souterraine" générée par le trafic, selon des sources ministérielles.

Les jeunes prisent moins les pétards

La France, selon les études européennes, est avec la République tchèque et le Royaume-Uni le premier pays consommateur de cannabis, drogue "consommée régulièrement par un jeune Français sur cinq et une jeune Française sur dix". La consommation régulière de cannabis (dix fois par mois) a toutefois diminué entre 2002 et 2003 chez les garçons de 17 et 18 ans (de 17,7% à 14,6%) tandis qu'elle s'est stabilisée chez les filles (à 6,5% contre 6,8%), selon une étude de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), publiée en octobre.

image extraite d'un des spots TV (Inpes)

Par d'après AFP le 02 février 2005 à 07:00
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