© INPESLe ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy a présenté mercredi une campagne de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) sur la consommation de cannabis. Sous le thème "Le cannabis, c'est une réalité", cette campagne, a dit le ministre, va "mettre en face le mythe du cannabis et sa réalité pour sortir des idéologies reçues" sur sa prétendue non-dangerosité. S'appuyant sur des études récentes, il a ajouté qu'il était de son "devoir de ministre de la santé" d'attirer l'attention sur les conséquences qu'une "consommation régulière" peut entraîner notamment au niveau neuropsychologique et de la dépendance.
Six films, huit spots radio et des encarts pour la presse écrite seront lancés à partir du 8 février. A travers des témoignages réalistes, dits par des comédiens, les spots TV tordent ainsi le cou à l'imagerie positive que la plupart des jeunes associe au cannabis. A la conviction qu’"Avec le cannabis, on se sent super bien", un film oppose une expérience de "bad trip", où il est question de nausées et d’idées noires. Les difficultés d'apprentissage et l'échec scolaire sont narrés dans deux spots, répondant à l'assertion selon laquelle "Avec le cannabis, on comprend tout". Deux autres témoignages contredisent l'idée qu'"Avec le cannabis, on se fait plein d'amis" tandis qu'un sixième traite de la dépendance en s'inscrivant en faux contre l'affirmation selon laquelle "Le cannabis, c'est pas vraiment une drogue".
Ecoute et conseils
Certains thèmes comme le cancer ou la schizophrénie n’ont pas été abordés par volonté de "rester dans le concret, dans des expériences qui parlent" aux jeunes, selon un des concepteurs de la campagne. Autre sujet absent, le cannabis au volant. C'est pourtant "le risque n°1 pour les jeunes", regrette le psychiatre Jean-Michel Delille, à la tête d’un service spécialisé à Bordeaux, qui a été consulté par les publicitaires.
Les spots radio et télé, comme les encarts de presse écrite, renvoient à un numéro (0811.91.20.20). Les animateurs qui répondront disposent d'une liste des 250 centres où les consommateurs de cannabis peuvent recevoir soins et conseils. Parallèlement, des brochures ont été éditées: l'une à destination des parents, l'autre des jeunes, tandis qu'un "Guide à l'arrêt", inspiré d'une expérience australienne, a été préparé pour les professionnels.
Reste que le ministère de l'Intérieur et la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) préparent une autre campagne, prévue fin 2005 ou début 2006, sur "l'aspect répressif, avec un rappel de l'interdit et des sanctions encourues, et un volet sur l'économie souterraine" générée par le trafic, selon des sources ministérielles.
Les jeunes prisent moins les pétards |
image extraite d'un des spots TV (Inpes)
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