Les chercheurs dans la rue

le 04 février 2005 à 15h52 , mis à jour le 04 février 2005 à 20h20

Un an après l'appel du collectif "Sauvons la recherche", chercheurs et étudiants ont manifesté une nouvelle fois ce vendredi pour dénoncer le projet de loi en préparation. Ils étaient entre 800 et 3.000 dans les rues de Paris, quelques centaines à Lille ou Bordeaux.

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Ils sont venus une nouvelle fois exprimer dans la rue leurs inquiétudes sur l'avenir de la Recherche. A Paris, quelque 3.000 personnes selon les organisateurs (de 800 à 1.000 selon la police) ont marché vendredi après-midi jusqu'au ministère de l'Education nationale et de la Recherche pour dénoncer les projets du gouvernement concernant la recherche publique, un an après le mouvement qui avait mobilisé tout ce secteur pendant plusieurs mois. La capitale n'a pas été la seule concernée : à Lille, près de 200 chercheurs, certains habillés en blouse blanche, se sont rassemblés sur la Grand'Place à l'appel du mouvement "Sauvons la Recherche" pour distribuer des tracts et inviter les passants à signer une pétition de soutien. Environ 500 chercheurs, selon les organisation syndicales, 150 selon la police, se sont aussi rassemblés à Bordeaux.

Les organisations syndicales de chercheurs et le mouvement "Sauvons la Recherche" (SLR) avaient appelé "les personnels et étudiants de l'enseignement supérieur et de la recherche à exprimer massivement leur opposition au projet de loi" lors de ces manifestations. Les chercheurs dénoncent notamment le projet de loi que prépare le ministère délégué à la Recherche, et dont certains éléments ont déjà filtré. Un document de travail du ministère, ébauche du texte définitif, a provoqué en janvier une levée de bouclier du monde de la recherche. Celui-ci estime en effet que ses demandes, exprimées notamment lors des Etats généraux de la Recherche de Grenoble, en octobre, ne sont pas prises en compte.

"Que le gouvernement revoie sa copie"

"C'est très en deça de nos demandes. C'est une loi pour l'innovation, pas pour la recherche fondamentale", analyse Betty Felenbok, biologiste à l'université de Paris Sud. "Les revendications de Grenoble ont été détournées, le projet de loi est à l'opposé de la logique globale de Grenoble", estime de son côté Bruno Julliard-Landau, porte-parole de l'Unef, ajoutant que le mouvement concerne aussi les étudiants "en tant que futurs jeunes chercheurs et doctorants, face à la précarité de l'emploi". Selon Jean Kister, secrétaire général adjoint du Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique (SNTRS), "il faut que le gouvernement revoie sa copie" concernant le projet de loi d'orientation. Quant au budget 2005, "il n'est pas du tout à la hauteur de ce qu'avait annoncé le gouvernement dans ses intentions".

Le ministère de la Recherche a fait savoir mardi que le projet de loi d'orientation et de programmation, qui devait être présenté en février au Conseil des ministres, ne le serait qu'au printemps pour permettre de nouvelles rencontres avec le monde de la recherche. Il devrait être ensuite présenté au Parlement "lors de la session de printemps", soit avant fin juin.

Photo d'ouverture : manifestation de chercheurs, vendredi - DR

le 04 février 2005 à 15:52
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