Epidémies : les hôpitaux en surchauffe

le 12 février 2005 à 19h21 , mis à jour le 12 février 2005 à 21h26

Services d'urgence débordés, personnels soignants épuisés et à bout de nerfs : les épidémies de grippe et de gastro-entérite, qui ont conduit au déclenchement du "plan blanc" jeudi, mettent les hôpitaux à rude épreuve. Mais globalement, la situation restait samedi sous contrôle.

hopital © INTERNE

La situation était sous contrôle samedi dans les services d'urgence des hôpitaux où les épidémies de grippe et de gastro-entérite, qui ont touché plus de 2,7 millions de personnes ces dernières semaines, ont provoqué une suractivité. Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, avait demandé jeudi soir le déclenchement d'un "plan blanc gradué" dans six régions : Provence-Alpes-Côte d'Azur, Nord-Pas-de-Calais, Alsace, Rhône-Alpes, Auvergne et Midi-Pyrénées, face au "pic épidémique de grippe et de gastro-entérite qui touche particulièrement les personnes âgées". Déclenché par le préfet du département et coordonné par le Samu, le plan blanc prévoit notamment de mobiliser des moyens supplémentaires (lits, moyens de transports, personnel), pour faire face à l'afflux de patients.

En Midi-Pyrénées, à Toulouse, samedi en fin de matinée, la cellule de crise du CHU indiquait que "la situation s'est un peu détendue à (l'hôpital) de Purpan grâce à l'ouverture de nouveaux lits (+18) et à la mobilisation du personnel". "A Rangueil (+24 lits), elle reste très tendue, le service des urgences est plein, mais on ne comptait samedi matin qu'un lit dans le couloir", selon le responsable de la cellule de crise, le professeur Dominique Lauque. En revanche, les soignants sont "épuisés", "limites", en particulier à Rangueil selon le professeur Lauque : "la suractivité des services d'urgence est bien plus importante dans notre région que lors de la canicule de 2003. En terme de suractivité des urgences, ça se rapproche plutôt de ce que nous avons connu avec AZF (21 septembre 2001), même si la montée s'est produite cette fois sur une semaine et non pas brutalement".

La situation s'améliore en Ile-de-France

En Alsace, la situation de "forte affluence" aux urgences ne nécessitait toujours pas la mise en place du plan Blanc, notait samedi l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH). "Le niveau d'activité reste soutenu aux urgences, même si on ne note aucun pic épidémiologique, ni pour la grippe, ni pour la gasto-entérite", a déclaré le directeur de l'ARH André Aoun. "En revanche, dans les services hors urgence, le nombre de lits disponibles augmente, on retrouve une marge de manoeuvre".

La situation était aussi "maîtrisée" dans le Nord-Pas-de-Calais. L'ARH a précisé que les appels au Samu restaient nombreux, mais que le temps d'attente aux urgences était relativement court. En Ile-de-France, enfin, "la situation s'améliore" dans les 17 services d'urgence pour adultes des hôpitaux de l'AP-HP, a indiqué Louis Omnes, le directeur exécutif de l'AP-HP. "Jeudi à 14h30, 62 personnes attendaient un lit. Hier à 14h30, il y en avait 59. Aujourd'hui, 26, avec beaucoup d'hôpitaux où c'est zéro. Aucun hôpital est organisé en cellule de crise", a précisé Louis Omnes samedi.

Photo d'ouverture : archives

le 12 février 2005 à 19:21
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