© TF1Les jours de Cyclamed sont-ils comptés ? A lire la diatribe du président du Conseil de l'ordre des pharmaciens contre le système de récupération des médicaments, vendredi dans le Parisien, on pourrait le croire. "Arrêtons de donner les déchets dont nous ne voulons plus !", lance Jean Parrot qui annonce avoir adressé une lettre recommandée au président de Cyclamed pour lui demander de cesser ses "messages humanitaires".
Cette prise de position intervient après les récentes plaintes contre une quarantaine de pharmaciens soupçonnés d'avoir commercialisé des médicaments au recyclage. "J'espère que ces pratiques sont minoritaires et que la peur du gendarme sera efficace. Mais 'cette affaire' prouve qu'il faut en finir avec Cyclamed dans sa version actuelle", poursuit Jean Parrot.
"Médicaments inadaptés"
"Qu'ils soient illégalement revendus en France ou exportés dans le cadre humanitaire, ces produits ne sont plus sûrs : une fois stockés par les ménages dans des conditions incontrôlables - lieu humide ou chaleur extrême (radiateur, etc.) -, on ne peut savoir s'ils sont encore utilisables", argumente Jean Parrot. "Par ailleurs, dans les pays en développement ces médicaments sont souvent inadaptés", ajoute le président qui cite l'exemple de produits contre le cholestérol envoyés en Afrique.
Eviter la taxe
La semaine dernière, l'Inspection générale des affaires sociales s'interrogeait dans un rapport sur l'opportunité de maintenir d'un dispositif potentiellement dangereux et peu efficace. Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, a lui même considéré que se posait la question de la suspension de ce programme humanitaire.
Pour Jean Parrot, Cylcamed sert les intérêts des industries pharmaceutiques qui "a créé cette structure il y a dix ans pour ne pas devoir payer la taxe éco-emballage". "Et elle y gagne : Cyclamed lui coûte 3 millions d'euros par an, soit trois moins qui si les industriels avaient dû payer cette taxe", dit-il. Les pharmaciens proposent un système de récupération des déchets, plus ou moins sécurisé selon les produits, et sans réexportation à des fins humanitaires. Mais, selon Jean Parrot, les industriels ne sont pas près de l'accepter : trop cher.
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