
Face à l'afflux dans les hôpitaux de malades de la grippe et de gastro-entérite, le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy, a décidé jeudi de déclencher la première phase du "plan blanc" dans six régions, réduit dans le courant de la journée à seulement trois : Nord-Pas de Calais, Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées. Cela implique la mobilisation de personnels supplémentaires et le renvoi des hospitalisations non urgentes pour privilégier les urgences.
Cette étape "nous permet d'être réactifs" face à l'épidémie, a déclaré vendredi le ministre de la Santé, lors d'une visite-éclair au CHU de Purpan de Toulouse. "Nous devons tirer les leçons de ce qui s'est passé en août 2003 (avec la canicule), dès l'instant où les urgences nous donnent des informations sur des listes d'attente importantes et sur leurs services saturés dus à la double épidémie", a ajouté le ministre.
Plus de lits
Jeudi soir, le ministère avait indiqué que le ministre, "avait notamment donné instruction aux directeurs des agences régionales d'hospitalisation concernées d'augmenter la capacité de lits disponibles et de renforcer si nécessaire les personnels". Philippe Douste-Blazy a précisé avoir envoyé jeudi soir un message par SMS aux médecins généralistes qu'il a remerciés pour leur travail en réseau avec les urgentistes.
Cinq établissements hospitaliers, parmi lesquels les Hospices civils de Lyon et le CHU de Grenoble, ont déclenché le plan blanc en région Rhône-Alpes. "La situation est difficile mais maîtrisée dans le Rhône", qui connaît actuellement 30% d'augmentation des hospitalisations par rapport à une période moyenne de l'année, a déclaré Joël May, directeur de la DDASS Rhône. En Provence-Alpes-Côtes d'Azur et en Auvergne, des lits supplémentaires ont été ouverts dans des hôpitaux en Auvergne mais le plan blanc n'a pas été déclenché.
"Afflux massif"
A Bordeaux, les services des urgences du CHU sont confrontés "à un afflux massif de malades et, comme nous avons des difficultés à trouver des lits, les patients encombrent le couloir des urgences dans des conditions qui ne sont pas dignes", indiquait-on vendredi à l'hôpital Saint-André. "Avec ce qui s'est passé pendant la canicule de 2003, les maisons de retraite et les médecins libéraux se protègent en nous adressant les patients", y expliquait-on.
Le 8 février, l'épidémie de grippe avait déjà touché en trois semaines 1,1 million de personnes en France métropolitaine, selon le réseau de surveillance Sentinelles-Inserm. La gastro-entérite a pour sa part atteint 1,6 million de patients en 8 semaines d'épidémie. D'après ses calculs, l'épidémie devrait atteindre son pic dès la fin de cette semaine, mais engorger encore un peu le système de santé pendant les trois semaines à venir.
(Photo : la carte "plan blanc" avec en rouge les régions concernées)
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