© LCIL'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) s’intéresse à l’association paracétamol-dextropropoxyphène (DXP). Motif : en cas de surdosage, elle est à l’origine d’intoxications graves au Royaume-Uni, qui conduisent chaque année à plus de 300 décès outre-manche. L’alerte a été donnée fin janvier par l'Agence anglaise du médicament (MHRA), qui a décidé de procéder, dans un délai de 6 à 12 mois, au retrait des produits contenant cette association.
Apparu en 1960, le co-proxamol est un anti-douleur qui combine paracétamol (ibuprofène), l'analgésique le plus répandu actuellement, et dextropropoxyphène, un opioïde de la même famille que la méthadone. Il est commercialisé au Royaume-Uni sous les marques Distalgesic, Dolgesic ou Cosalgesic, selon The Times. Or, ce médicament aurait des effets indésirables très graves à dose légèrement supérieure à la dose maximum recommandée, indiquait le quotidien britannique lundi dernier. Et de citer une récente étude montrant que le médicament, dont les effets négatif sont accentués par l'absorption d'alcool, serait responsable de 18% des décès liés à des médicaments et 5% de la totalité des suicides. L'effet anti-douleur du co-proxamol est similaire à celui du paracétamol, mais le risque de suicide est 28 fois supérieur en cas de surdose, ajoutait le journal.
Pas d’inquiétudes
"En France, plus d'une trentaine de ces spécialités pharmaceutiques disposent d'une autorisation de mise sur le marché", précise l’Afssaps. "Elles ne peuvent être obtenues que sur prescription médicale. Elles sont indiquées pour traiter les douleurs d'intensité modérée à intense lorsque les antalgiques de moindre puissance se sont révélés inefficaces". L’agence rappelle que l'association de paracétamol et de DXP "n'expose pas à un risque de surdosage, et donc d'intoxication grave, dans les conditions normales d'utilisation".
L'Afssaps "a saisi le réseau français des centres antipoison (CAP) qui (…) reçoivent les cas d'intoxication et de surdosage". Par ailleurs, des données de pharmacovigilance devraient être réunies "dans les semaines à venir". Elles "permettront de déterminer la nature des éventuelles mesures à prendre". En attendant, l’Afssaps souligne "qu'il n'y a pas lieu d'arrêter le traitement" à base de l’association paracétamol-DXP. Et de rappeler que la dose "ne doit jamais dépasser 6 gélules par jour".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




