Trois suicides sur quatre concernent des hommes

Par AFP, le 01 février 2005 à 17h37 , mis à jour le 02 février 2005 à 12h23

A l'occasion des journées nationales pour la prévention du suicide qu'elle organise du 2 au 9 février, l'Union nationale pour la prévention du suicide dénonce la pauvreté des moyens mis en oeuvre pour lutter contre ce phénomène qui touche principalement les hommes.

union nationale pour la prévention du suicide

Le suicide reste en France un phénomène très majoritairement masculin, selon l'Union nationale pour la prévention du suicide (l'Unps) qui organise du 2 au 9 février à Paris les Journées nationales pour la prévention. Citant une étude de l'Inserm, elle note que sur un total de 10 440 suicidés en 2001, on comptait 7 655 hommes contre 2 785 femmes, soit trois suicides sur quatre.

L'Unps rapporte également que "le mode de suicide masculin est différent, beaucoup plus violent". La pendaison concerne 4 suicides masculins sur 10 et l'arme à feu est utilisées dans 30% des cas. Chez la femme, les taux atteignent respectivement 10 et 9%.

Autre différence soulignée par l'organisme, "les hommes ne se ratent pas" : les tentatives non suivies d'effet sont quatre à cinq fois plus nombreuses chez les femmes. Selon les experts, les hommes s'engagent plus difficilement dans une démarche de soins et possèdent un réseau social beaucoup moins développé que la femme, ce qui rend plus difficiles la détection et la prévention.

Des adultes touchés dans la force de l'âge

Bien que le suicide des adolescents suscite beaucoup d'attention, le phénomène touche essentiellement des adultes dans la force de l'âge. Selon une étude portant sur 460 cas pris en charge par les services de médecine légale à Lyon et Saint-Etienne entre mai 2003 et décembre 2004, les hommes de 30 à 60 ans représentent 19,64% de la population générale, mais 38,69% des suicides.

"La prévention du suicide n'a pas beaucoup avancé depuis cinquante ans", a déploré mardi Nadia Cherkasky, vice-président de l'Unps. "Il faut maintenant se rapprocher au maximum des structures en contact avec les personnes en détresse, notamment celles touchées par le deuil, le chômage, ou le surendettement", ajoute-t-elle. L'Unps veut ainsi créer des ponts avec les maisons pour l'emploi, les ordres d'avocats, ou la Banque de France pour diffuser des dépliants d'information, les coordonnées d'associations ou des numéros de téléphone de contact. "Il faut sortir la prévention des structures spécialisées comme l'hôpital", a expliqué Mme Cherkasky, dénonçant un manque de moyens conséquents pour la prévention du suicide.

www.infosuicide.org

(Photo : Un message pour la vie, Union nationale pour la prévention du suicide. DR) 

Une aide pour les familles de suicidés mise en place par la Macif

En partenariat avec l'Unps, la Macif, qui reconnaît depuis 1974 le suicide comme un "accident de la vie", a annoncé la mise en place cette année d'une aide spécifique destinée aux familles de sociétaires endeuillées par un suicide. Les membres des familles ayant vécu ce drame sont exposés à un risque quatre fois supérieur en matière d'accidents de la route et d'accidents domestiques, selon l'assureur mutualiste.

Par AFP le 01 février 2005 à 17:37
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience