100.000 séropositifs en France

Par AFP, le 15 mars 2005 à 16h59 , mis à jour le 15 mars 2005 à 17h06

Le chiffre avancé par des organismes publics dénombre approximativement 100.000 personnes infectées par le virus du sida dans l'Hexagone. Parmi elles, 32% seraient des homosexuels, 40% des hétérosexuels.

sida virus vih © INTERNE

Ce n'est qu'une estimation. La France compterait environ 100.000 personnes séropositives, c'est-à-dire infectées par le virus du sida. C'est ce que révèle une nouvelle évaluation conjointe d'organismes publics, publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du ministère de la Santé.

Depuis l'émergence du sida au début des années 80, les estimations sur le nombre de séropositifs dans l'Hexagone, souvent hasardeuses, ont varié avec les données épidémiologiques, plus concentrées sur les cas de sida avérés. "Une réponse fiable à cette question est loin d'être aisée. La notification obligatoire de la séropositivité n'est effective en France que depuis 2003 et le suivi de toute les personnes séropositives ne peut être assuré de façon exhaustive", note l'éditorial du BEH. D'autant qu'"une partie des personnes infectées n'est ni dépistée ni suivie".

A la fin des années 1990, l'estimation de la fréquence de l'infection par le VIH en France est ainsi de 100.000, avec une marge de plus ou moins 30.000, selon ce travail qualifié "d'exercice difficile" de l'Inserm, l'Agence nationale de recherche sur le sida (Anrs) et de l'Institut de veille sanitaire (InVS).

"Une baisse apparente"

Les séropositifs pour le VIH se répartiraient en 32% d'homosexuels ou de bisexuels (34.000), 26% de toxicomanes (27.600), 40% d'hétérosexuels (41.900) et environ 2% d'hémophiles et de transfusés (700 hémophiles et 1.600 transfusés). Ces chiffres comprennent les nouvelles contaminations (environ 5.000 par an) et les plus anciennes.

Les auteurs ont tenté d'apprécier la progression de la fréquence de l'infection dans la population depuis dix ans. Ils notent une "baisse apparente" entre 1992 et 1997, mais "rien n'autorise à dire qu'elle est réelle vu l'imprécision des estimations". En revanche, l'amélioration de l'espérance de vie, avec l'arrivée des trithérapies il y a près de dix ans, a probablement contribué à son augmentation.

"En supposant constante l'incidence (nouveaux cas) du VIH de 2000 à 2003 et un nombre annuel de décès de 1500, on peut estimer la prévalence en 2003 à 97.000", selon le BEH. On estime à 37.600 le nombre de décès au stade de sida, survenus en France depuis le début de l'épidémie, selon l'InVS.

(Le virus du sida)

Par AFP le 15 mars 2005 à 16:59
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