© INTERNEAvec au moins 121 morts sur 132 cas déclarés, et trois provinces désormais touchées, l'Angola est confronté à l'une des pires épidémies de la fièvre hémorragique de Marburg depuis la découverte de ce virus. La maladie, qui a touché à ses débuts 75% d'enfants de moins de cinq ans selon l'OMS, se répand parmi les adultes, en particulier le personnel médical. Une pédiatre italienne et un médecin vietnamien sont décédés cette semaine, ainsi qu'une technicienne de laboratoire et cinq infirmières en moins d'un mois. "La situation est dramatique", a déclaré le vice-ministre de la Santé, José Van-Dumen, qui s'est rendu dans la province de Uige, la plus affectée par cette épidémie, qui a également touché Luanda. Avec le décès d'une femme enceinte, l'épidémie s'est étendue samedi à la province de Cabinda.
Le bilan de l'épidémie, qui a débuté en octobre 2004, pourrait encore s'aggraver, un porte-parole du ministère de la Santé ayant précisé que les cas recensés ne concernent que "les malades qui se sont présentés à l'hôpital, sans inclure ceux qui sont en train de mourir chez eux". "C'est difficile de connaître le nombre exact de malades car les gens ne veulent plus aller à l'hôpital et il faut aller de maison en maison pour les trouver", a confirmé le chef du département de la Santé de la province de Uige.
Des experts internationaux à la rescousse
Dans un communiqué, le ministère angolais de la Santé a recommandé que tout cas suspect soit signalé au centre de santé le plus proche et appelé "toutes les personnes qui ont été dans la province de Uige au cours des deux dernières semaines à ne pas voyager à l'extérieur du pays avant 21 jours après leur sortie de Uige". Uige est située à la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC) et jouxte la province du Bas Congo, touchée ces dernières années par une épidémie d'Ebola, proche du virus de Marburg, qui se transmet par contact direct avec les fluides corporels (urines, selles, sang, vomi, salive) d'une personne malade et se manifeste notamment par une fièvre aiguë accompagnée d'hémorragies pouvant entraîner la mort.
Le virus a été identifié pour la première fois en 1967 dans un laboratoire de la ville allemande de Marburg, qui lui a donné son nom. La plus grave épidémie répertoriée jusqu'à présent avait fait 123 morts, sur une période deux ans, en RDC, entre fin 1998 et fin 2000. Des experts internationaux sont attendus en Angola pour aider les équipes sur place à combattre la propagation du virus. "Nous attendons l'arrivée d'environ 30 experts de plusieurs organisations internationales, notamment de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de Médecins sans frontières (MSF), du Centre de contrôle des maladies (CDC) d'Atlanta (Etats-Unis), du Pérou et probablement du Portugal", a indiqué le chef du département d'épidémiologie du ministère de la Santé. A partir du moment où la maladie est identifiée et des mesures prises, l'épidémie devrait s'arrêter "dans les semaines qui viennent", selon Marie-Claude Georges-Courbot, directrice-adjointe du centre de référence OMS sur les fièvres hémorragiques, situé en France.
Photo d'ouverture : victimes congolaises d'une épidémie de fièvre Ebola, fièvre hémorragique proche de la fièvre de Marburg - archives
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