© INTERNELe risque de transmission de maladies infectieuses lors d'un vol dans un avion de ligne peut être fortement réduit grâce à un bon système de ventilation. C’est ce qui ressort d’une étude américaine à paraître samedi dans la revue médicale britannique The Lancet.
"Le système de conditionnement d'air en vigueur dans l'aviation commerciale semble restreindre la propagation de pathogènes dans l'air ambiant, et le risque perçu est plus élevé que le risque réel", concluent Mark Gendreau (Lahey Clinic Medical Center, Burlington) et Alexandra Mangili (New England Medical Center, Boston) après examen de la documentation existante.
A 99,97%
L'air est changé quinze à vingt fois par heure dans un avion de ligne, soit plus souvent que dans un bureau. Avant d'être partiellement recyclé, il passe à travers des filtres à haute efficacité de purification de l'air (hepa) qui éliminent 99,97% des particules jusqu'à 0,3 microns (millièmes de millimètres). Poussières, vapeurs, bactéries, moisissures sont éliminées, voire même des particules virales inclues dans des gouttelettes échappées lors d'une toux ou d'un éternuement, expliquent-ils.
Selon une étude portant sur la tuberculose, doubler le taux de ventilation réduit de moitié le risque d'infection et ce dernier équivaut à zéro pour les patients assis à 15 sièges de la source d'infection. Mais lors de l'épidémie de SRAS, des passagers assis à sept rangées devant ou cinq rangées derrière un malade avaient été contaminés lors d'un vol de trois heures entre Hong Kong et Pékin. Au total, 37 probables contaminations au cours de cinq vols avaient relevées lors de cette épidémie. En revanche, aucune transmission de grippe lors d'un vol commercial n'a été rapportée depuis 1999, compte tenu des règles de ventilation en vigueur.
Aliments à surveiller
Si la transmission de maladies via l'air ambiant est la plus redoutée par les passagers, c'est via la nourriture que s'effectue le plus souvent une contamination, avec 41 intoxications alimentaires ayant entraîné 11 décès entre 1947 et 1999. Les salmonelles sont à elles seules responsables de près de 4.000 infections entraînant sept décès.
Outre les pathogènes présents dans l'air, la nourriture, l'eau (risque de choléra notamment), les avions transportent aussi des moustiques, vecteurs de paludisme, de dengue ou de fièvre jaune dans les aéroports des pays de destination. Seulement cinq pays (dont l'Australie, l'Inde et l'Uruguay) utilisent des insecticides pour tuer les insectes avant l'atterrissage, comme recommandé à l'échelle internationale. Tout en invitant Etats, responsables sanitaires et compagnies aériennes à rester vigilants, les auteurs insistent aussi sur la nécessaire éducation des passagers, expliquant notamment qu'une bonne hygiène des mains limiterait les risques d'infections.
photo : archives TF1
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