© Fernand Deroussen/Nashvert ProductionLe chant nocturne d’un rossignol en Finlande, une symphonie animale au lever du jour dans la savane kenyane, la litanie de la tramontane dans le Sud de la France… Ce sont quelques uns des 15.000 enregistrements sonores que le Muséum national d’histoire naturelle a reçu en dépôt la semaine dernière (écoutez quelques extraits dans l’encadré ci-dessous).
Cette sonothèque exceptionnelle, qui concerne un millier d’espèces animales (oiseaux surtout mais aussi insectes, amphibiens, mammifères) ainsi que des phénomènes naturels (volcans, tempêtes, vents…), a été constituée pendant vingt ans par un passionné d’ornithologie devenu spécialiste des sons de la nature, Fernand Deroussen. L’homme est aujourd’hui président de l’association Sonatura, qui édite en CD ces trésors ramenés du monde entier — sauf d’Australie, seul continent où il n’a pas pointé ses micros.
Il y a deux ans, Fernand Deroussen termine le classement de sa sonothèque. Un travail colossal qui l’amène, pour chacune des 15.000 pistes, à préciser la date et l’endroit où elle a été réalisée et les noms en français et en latin de chaque animal qu’elle a immortalisé. En cas de doute sur l’espèce à l’origine d’un son, Fernand Deroussen fait appel à des chercheurs et des spécialistes. Si le chant ne livre pas son secret, l’enregistrement ne sortira pas des tiroirs ou servira comme simple illustration sonore.
"Accents locaux"
![]() |
Le matériel de Fernand Deroussen |
Le travail de Fernand Deroussen n’est pas pour autant terminé. Il continue d’arpenter les régions du monde, à la recherche de sons, de chants, de cris issus de la nature. Y compris ceux d’animaux qu’il a déjà enregistrés. "Plus on dispose de diversités individuelles, plus on a d’informations sur les langages", affirme-t-il. Et d’évoquer, d’une région à l’autre, les "accents locaux" du pinson des arbres, dont il possède 150 enregistrements différents.
Son matériel, Fernand Deroussen l’adapte en fonction du son qu’il veut capturer. Le micro-parabole lui sert de "téléobjectif sonore" lorsque l’animal est difficile à approcher tandis que le micro-canon est utilisé au plus près de l’émetteur. Pour "une restitution sonore large", deux, voire quatre micros, sont installés. Une technique qui nécessite beaucoup de repérages et de longues heures d’affût, explique-t-il. Patience indispensable et nerfs solides de rigueur. Car une fois que le micro a "identifié" l’animal recherché, il faut espérer que l’enregistrement ne soit pas pollué par le passage d’une mobylette ou d’un avion, la mise en marche d’une tronçonneuse ni par le flot assourdissant d’un torrent ou le bourdonnement d’une mouche. Car, paradoxalement, tous les bruits de la nature ne sont pas pain béni pour le preneur de sons.
Ecoutez rainettes, morses et pics épeiches |
Copyright : Fernand Deroussen/Nashvert Production
photo : Fernand Deroussen sur le terrain (DR)
Retour MYTF1

Chargement en cours...




