
L'espérance de vie à la naissance dépasse pour la première fois 80 ans, hommes et femmes réunis ! Elle atteint très exactement 80,2 ans, d'après le démographe Gilles Pison, auteur d'un article sur la question dans le bulletin de l'Institut national des études démographiques (Ined) de mars. Les femmes vivent, certes, toujours plus longtemps que les hommes, mais la vie moyenne progresse pour les deux sexes : 83,8 ans pour les femmes (contre 82,9 ans en 2003) et 76,7 ans pour les hommes (contre 75,9 ans en 2003).
Santé, soin: de fortes inégalités en Ile-de-France
Sur les départements de la région Ile-de-France, l'écart se creuse concernant l'espérance de vie et l'accès aux soins. Les mauvais élèves: la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis selon une étude du Parisien.
Publié le 21/01/2011
En 2003, l'espérance de vie "avait stagné en raison de la mortalité exceptionnelle de la canicule", qui avait fait près de 15.000 morts. "Mais si l'on compare avec 2002, l'espérance de vie a progressé de dix mois en deux ans. C'est nettement plus que la tendance des cinquante dernières années : trois mois par an, soit six mois en deux ans", précise l'Ined. Cette progression est une tendance de fond depuis deux siècles et demi, interrompue par les guerres napoléniennes, et les conflits de 1870, 1914-18 et 1939-45.
Baisse de la mortalité adulte
Aujourd'hui, alors que la mortalité infantile a atteint des niveaux très bas (3,9 pour mille en 2004), l'espérance de vie "ne progresse qu'en raison des succès rencontrés dans la lutte contre la mortalité adulte", souligne l'Ined.
En 2004, l'espérance de vie d'une femme de 60 ans est ainsi de 26,5 ans, soit 7,7 ans de plus qu'en 1954. Un homme de 60 ans peut encore espérer vivre 21,5 années, soit six de plus qu'en 1954. Ce sont les succès dans la lutte contre les maladies cardio-vasculaires et les cancers, principales causes de mortalité, "qui ont fait reculer la mortalité des adultes et des personnes âgées à partir des années 1970", commente l'Ined. "La mortalité par cancer, qui avait augmenté, régresse maintenant grâce aux diagnostics plus précoces et au recul des comportements à risques comme le tabagisme et l'alcoolisme", est-il précisé.
L'allongement de la durée de vie, mais aussi la bonne tenue des naissances et un solde migratoire positif entraînent l'augmentation de la population. L'Ined estime ainsi la population en France au 1er janvier 2005 à 62,4 millions d'habitants, dont 60,6 en métropole. La croissance annuelle n'avait pas été aussi élevée depuis 30 ans. La France métropolitaine a enregistré 765.000 naissances en 2004 et conserve l'un des taux de fécondité les plus élevés de l'Union européenne (1,9 enfant par femme).
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