© Manreo"Les patients ‘tousseurs’ se multiplient". C’est en ces termes que le réseau d’alerte précoce de la grippe Grog résume mercredi les conséquences d’un début de printemps chargé en virus et en pollens.
Une partie de ces tousseurs est victime d’infections. "Certains patients qui ont eu la grippe gardent traditionnellement une toux difficile à faire partir, une toux irritante pour eux… et pour leur entourage", explique à tf1.fr le docteur Anne Mosnier, du Grog. La grippe a franchi le seuil épidémique pour la 11e semaine consécutive en France métropolitaine. Elle devrait progressivement s’éteindre d’ici à deux semaines, indique pour sa part le réseau de surveillance sanitaire Sentinelles-Inserm.
D’autres agents respiratoires ont "pris le relais", pointe toutefois le Grog : "Rhinovirus, adénovirus, virus parainfluenzae 3, chlamydia et mycoplasmes respiratoires sont modérément actifs et expliquent en partie les pathologies ORL et bronchiques signalées un peu partout en France", écrit le réseau. Ça n’est pas tout : des cas de bronchiolite et de coqueluche sont également signalés ici et là.
Explosion de pollens
Dans le même temps, les allergies se manifestent à nouveau. D’habitude, "les pollens d’arbres apparaissent progressivement en janvier-février", souligne à tf1.fr le docteur Isabelle Bossé, présidente de l’Anaice, le Syndicat national des allergologues. Une apparition d’abord retardée par les deux à trois semaines de froid et qui explose depuis peu sous l’effet de la hausse des températures et du fort ensoleillement. Résultat : "Les gens éternuent, se mouchent, toussent, ont les yeux qui pleurent", déclare l’allergologue.
Et ce n’est pas fini. "Les pollens apparaissent les uns après les autres : arbres, graminées, céréales et, en août-septembre, herbacées", détaille le docteur Bossé, qui rappelle qu’en 2004, la quantité de pollens dans l’air a été très importante. Et cette année ? Tout dépend de la météo : la pluie, en rabattant les pollens au sol, limite les allergies. C’est le contraire en cas de soleil, chaleur et vent.
Les tousseurs peuvent donc être victimes d’une infection ou d’une allergie, ou bien des deux. "L’allergie entraîne une inflammation des muqueuses nasales, bronchiques et oculaires, rapporte le docteur Bossé. Dans cet état, la personne allergique est moins protégée face aux virus et aux infections. C’est surtout vrai pour les enfants." A l’inverse, précise le docteur Mosnier, "un virus peut obliger un asthmatique léger à reprendre son traitement". Les Français n’ont pas fini de tousser.
Deux allergiques sur trois s’ignorent |
photo : archives TF1
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