© INTERNEQue se passerait-il si le virus de la grippe aviaire mutait, et devenait facilement transmissible à l'homme ? Pour l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il en résulterait tout simplement... une catastrophe sanitaire. Une épidémie mondiale qui pourrait faire jusqu'à 100 millions de morts. Et malheureusement, selon les spécialistes, la possibilité d'une telle mutation du virus H5N1 ne peut être écartée... L'OMS guette l'éventuelle apparition d'un tel virus et lance régulièrement des mises en garde. Particulièrement surveillés, les cheptels de porcs : les virus d'origine humaine et aviaire qui cohabitent dans leur organisme pourraient favoriser les mutations. Plusieurs dizaines de cas suspects (et mortels) de forme humaine de la grippe aviaire ont déjà été constatés en Thaïlande et au Vietnam - mais il semblerait que les patients avaient pour la plupart été en contact direct avec des oiseaux, et la transmission interhumaine du virus est pour l'heure exceptionnelle. Il n'empêche : la semaine dernière, l'organisation a encore évoqué "le plus grand risque de pandémie" depuis des décennies.
Divers pays asiatiques ont déjà commencé à faire provision d'antiviraux pour parer au pire. En Europe, après la France, le gouvernement britannique se prépare à son tour à toute éventualité. Il est en train de faire provision de 14,6 millions de doses du médicament anti-viral Tamiflu, a annoncé mardi le ministre de la Santé John Reid. Le Royaume-Uni prévoit par ailleurs des mesures destinées à ralentir la propagation du virus si l'épidémie se déclenchait. Elles impliquent notamment des recommandations de ne pas voyager, la fermeture d'écoles et l'annulation de grands rassemblements comme des matches de football ou des concerts de musique pop.
Les difficultés de la fabrication d'un vaccin
Toutes ces précautions sont justifiées par le fait que la production d'un vaccin contre la pandémie serait un processus complexe, qui ne serait possible qu'avec l'identification de la souche après le déclenchement de l'épidémie, a expliqué Sir Liam Donaldson, conseiller suprême du gouvernement pour les affaires sanitaires. Quant au vaccin ordinaire contre la grippe hivernale, il ne serait tout simplement pas efficace. L'acquisition de 14,6 millions de doses de médicaments antiviraux, qui se poursuivra sur deux ans, coûtera 200 millions de livres (294 millions d'euros). Elle devrait permettre de traiter un Britannique sur quatre, la proportion de malades prévue par l'OMS en cas de pandémie. Les médicaments anti-viraux ne pourraient pas guérir la maladie elle-même mais pourraient réduire la gravité des symptômes et ralentir la propagation du virus.
Côté français, comme le rappelle Nicolas Dostel-Vinay, porte-parole de la direction générale de la santé, un plan similaire a déjà été annoncé par le ministre de la Santé le 13 octobre dernier. Cette politique d'achats d’antiviraux s'est concrétisée par des marchés passés fin novembre. D'ici fin mars, la France devrait déjà recevoir 3 millions de doses de Tamiflu ; 10 millions de doses supplémentaires devraient être livrées d’ici la fin de l’année, échelonnées en fonction des capacités de production des industriels.
Photo d'ouverture : archives
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